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L'ABCdaire    
(Glossaire)

Boycott
Révisé le 1 mars 2002

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S'initier en 4 étapes

1 - Définition
2 - Écodécryptage
3 - Sites conseillés
4 - Livres… à lire

1 - Définition

Il n'existe pas à l'heure actuelle de définition « figée » du boycott. Celle des dictionnaires ne correspondant pas tout tout à fait avec la définition qu'en donnent les médias, et les activistes eux-mêmes.
Dans sa forme la plus actuelle le boycott est une attitude libre, volontaire et idéologique de refus systématique de consommer les produits ou services d'une entreprise ou d'une nation. Le but étant d'obliger celles-ci à répondre à une demande précise.

Ses motivations :

- D'abord perçu comme un acte sincère de la part des manifestants (lutte contre les OGM…),
- Inquiétude globale face à certains changement de société (mondialisation…),
- Application moderne et nouvelle des principes démocratiques (notion de société civile).

Ses buts :

- Responsabilisation, surveillance et demandes sociales concrètes des entreprises ou nations visées.

Ses moyens :

- Acte de communication par essence le boycott à très bien su intégrer les formes modernes de communication et rallier les médias à sa cause,
- Aptitude sans égale à créer une mobilisation de masse par divers moyens (pouvoir émotionnel, facilité d'adhésion, etc.),
- Parfaite maîtrise du temps (un boycott dure facilement plusieurs années),
- Effets psychologiques bien orchestrés (la simple menace d'un boycott peut déjà garantir certains résultats).


Ses spécificité :

- Un mode de revendication sociale très représentatif de son époque, qui tend à remplacer des actions plus classiques (syndicats, manifestations traditionnelles…),
- Action collective de comportements individuels (primauté de l'individu),
- Dimension idéologique de l'acte (engagement sincère des boycotteurs pour une cause),
- D'abord un acte de communication sachant très bien utiliser le pouvoir des médias,
- S'attaque exclusivement aux leaders, à la fois fois pour attirer les médias, et pour des raisons psychologiques (s'attaquer à Goliath plutôt qu'à David passe mieux à la télé…),
- Actions répressives,
- Demande de résultats immédiats et concrets (arrêt d'un produit, opposition d'implantation…),
- Joue sur le temps,
- Acte typique d'une société avancée de consommation (l'acte fondamental porte sur la non consommation de produits).

 

2 - Écodécryptage

Le boycott est un déni flagrant aux modes de pensée « clés en main » qui affirment que « plus personne aujourd'hui ne s'intéresse à la politique », « les syndicats tombent en déconfiture », etc. Ou encore « les jeunes ne pensent qu'à la célébrité ou à l'argent ».

Pour certains spécialistes de la question, le boycott est une forme abâtardie de réaction citoyenne, ou la bonne conscience est vite atteinte, car il suffirait simplement de ne pas choisir un produit dans son hypermarché… et d'en prendre un autre pour se sentir l'âme d'un héros-rebelle…

Il suffit de discuter avec une mère de famille sincèrement indignée qui tient à jour sa liste de produits noirs « OGM » collée sur son frigidaire ou d'aller sur les nombreux sites de revendications alternatives pour s'apercevoir que le boycott est en fait une forme moderne réelle et sincère de contestation. Celle-ci tend progressivement à prendre le relais d'une politique classique trop soumise aux sirènes d'une économie pure et dure, et des syndicats ou organisations qui n'ont peut-être pas su se mettre "au parfum" de leur époque…

Le boycott souligne aussi paradoxalement les limites d'une politique de communication trop élaborée et trop « bourrage de crâne » des entreprises, obnubilées à l'excès par des notions telles que «la marque doit faire partie du consommateur, une relation de connivence doit être établie en permanence, etc. ». La marque fait dorénavant partie de la vie du consommateur. Elle en subit donc les avantages… et les inconvénients

Mise à jour du 1 mars 2002 : la violente répression de l'état italien contre les manifestants à Gènes en juillet 2002, et le renforcement international de lois répressives – suite aux attentats américains du 11 septembre, – ont amené un changement notable de stratégie à l'égard du boycott chez les « antimondialistes ».

Cette forme de revendication est toujours utilisée – en particulier pour des boycotts consuméristes – mais en tant « qu'arme » de derniers recours, ou d'intimidation. Désormais, des recherches de légitimité politique, d'actions appuyées de lobbying, et de solutions concrètes (Forum Social Mondial de Porto Alegre) sont de plus en plus privilégiées.

– Les lobbyistes bombardent les hommes politiques de courriers, fournissent les médias en avis critiques, et s'appuient sur les appareils des syndicats et des partis politiques pour influencer directement la modification, et chercher à créer de nouvelles lois ou décrets. – L'association française Attac, veille, par exemple, à raffermir sa crédibilité en se muant en force de proposition crédible…

– Les dirigeants d'ONG participent de plus en plus aux réunions internationales (Davos…) afin de débattre en « direct » avec les plus grands patrons de la planète. Elles conseillent les institutions des pays pauvres, afin de contrebalancer l'influence des pays riches dans les organisations internationales. Elles cherchent aussi à renforcer leur efficacité et expertises en développant des partenariats entre elles. (1)

– Les « antimondialisations » revendiquent un statut officiel dans les grandes institutions internationales – par exemple le FIDH (fédération internationale des droits de l'homme) qui réclame le droit à la parole au sein de l'Organisation mondiale du commerce. But : participer à des réunions de travail dans les ministères et au sein des institutions européennes, en particulier à la Commission. (1)

En agissant ainsi, les militants restent fidèles à un de leurs grands principes : reprendre à leur profit les moyens d'actions ou d'influence utilisés habituellement par les gouvernements ou entreprises.

Sauveur Fernandez

Annexe
(1) « L'antimondialisation 2002 : moins dur, plus crédible ». Magazine L'Expansion, n°660, février 2002, p. 18.


3 - Sites recommandés

Les sites présentés ici sont conseillés pour une première découverte. Pour une recherche plus approfondie, rendez-vous aux liens choisis, puis dans le moteur de recherche, tapez "boycott"

CO-OP AMERICA : who we are and what we Do (En anglais)
http://www.coopamerica.org/ccafaq.htm

Le boycott est récent en France. Les sites commencent à abonder, mais très peu ont le professionnalisme et l'organisation de certaines organisations américaines. Coop America est l'une des plus grosses associations outre atlantique, et l'une des plus intéressantes à étudier, car si elle utilise et promeut le Boycott d'entreprises, elle encourage aussi, à travers des publications et de multiples associations la consommation de produits "verts" et fait un bon travail de sensibilisation.
Le boycott est un moyen et non une fin.

TRANSNATIONALE - Profil d'entreprise : Nike
http://www.transnationale.org/fiches/125.htm

Transnationale.org n'est pas à un site activiste incitant au boycott, mais un lieu d'information complet… et particulier sur les entreprises transnationales. Les critères économiques classiques laissent la place aux conditions de travail et de respect de l'environnement dans les unités de production, l'influence sur les processus de décision institutionnels, la politique globale en matière d'emploi et de contribution à l'impôt, etc.
Le rapport avec le boycott est évident, les activistes lisant régulièrement ce genre de données…

4 - Livres… à lire

Le boycott, le cauchemar des entreprises… et des politiques
de Marc Drillech, 1999, éditions LPM 351 pages 142 F

Ce livre est excellent. Son auteur, Marc Drillech, président de Publicis Étoile et vieux routier de la pub, connaît manifestement bien son sujet. Une mine d'information est proposée : le phénomène du boycott, ses variantes (embargos…), les répercussions économiques et politiques. Cas de boycotts contre Nestlé, Nike, etc. Les stratégies des deux camps sont bien exprimées (à chacun de choisir le sien).

Un seul regret, mais de taille : l'auteur est manifestement trop "pub" pour reconnaître ou percevoir les failles réelle de la communication publicitaires et des annonceurs. Sur ce sujet le livre donne l'impression que les bons et les méchants sont clairement identifiés…

Le livre datant de 1999, les cas les plus récent ne sont évidemment pas cités (Danone, ou Mark&Spencer) ni les nouvelles stratégies (attaques judiciaires des boycotteurs). L'auteur n'insiste pas assez non plus sur la nécessité pour les entreprises de prouver de plus en plus concrètement leur engagement (voir les principes de la communication responsable).

Malgré ces réserves, un bon livre.

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