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(Glossaire)

Agriculture raisonnée
Révisé le 23 août 2002

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S'initier en 3 étapes

1 - Définition
2 - Écodécryptage
3 - Sites recommandés

1 - Définition

L'agriculture raisonnée est un mode de culture et d'élevage dont l'objectif premier est de réduire la quantité de substances chimiques utilisées, et de minimiser leur impact sur l'environnement.

À l'origine sans garanties officielles ni contrôle, elle s'est dotée en France depuis mai 2002 d'un cadre officiel, cependant, pour l'heure, moins rigoureux que celui de l'agriculture biologique.

2 - Écodécryptage

Un mode de production moins novateur qu'il n'y paraît
Bien que dotée d'un caractère limitant et prudent, l'agriculture raisonnée reste de fait une agriculture industrielle « classique » qui – malgré l'utilisation de quelques méthodes issue de l'agriculture biologique – repose sur les principaux paradigmes suivants :

1– Utilisation pour les plantes d'engrais minéraux artificiels, issus du pétrole, et pour les animaux d'aliments hautement énergétiques (et de synthèse pour la partie vitamines et oligo-éléments). Le but : doper au maximum la croissance.

2 – Sélection génétique des plantes ou animaux, et de modes d'élevages reposant quasi-exclusivement sur des impératifs économiques : pour les plantes, arrivée prévisible à maturité, aspect, durée de conservation, résistance aux chocs pour les transports. Pour les animaux, croissance accélérée, plus grand nombre de portée, résistance à certains stress d'élevage…

3 – Protection médicale assistée des plantes ou animaux, grâce à l'utilisation de produits phytosanitaires de synthèse pour les plantes, ou d'antibiotiques pour les animaux.

4 – Concentration géographique, et spécialisation des élevages ou des cultures en vue d'une exploitation économique « optimisée » : un mode de production qui se révèle à l'usage porteur de plus d'inconvénients que d'avantages (désertification des campagnes, appauvrissement accéléré des sols dû à la monoculture, pollution accrue des élevage).

Signalons, pour toutes ces raisons que l'agriculture raisonnée reste mal adaptée à la productions d'aliments de type terroir – Vins AOC (appellation d'origine contrôlée), fruits, légumes…) – les pratiques agricoles nécessaires pour un rendements élevé standardisent en effet les terres et nuisent à la concentrations d'arômes de qualités. (1)

Les vrais buts
L'agriculture raisonnée est défendue en France par le réseau FARRE, regroupant l'UIPP (Union des industries de la protection des plantes), l'ANIA (Association nationale professionnelle pour les engrais et les amendements) etc. Une preuve de son véritable but : maintenir la pérennité de l'industrie agro-alimentaire actuelle…

Soulignons le rôle important joué par les géants de la distribution : ceux-ci privilégient particulièrement ce mode de production (Auchan, Casino…). Avec une grande part de responsabilité à leur charge dans les crises alimentaires actuelles – provoquée par une pressurisation économique excessive des industriels – souhaitons que les grandes surfaces ne soutiennent pas ce mode de production avec pour seul objectif le maintien des prix bas…

L'agriculture raisonnée, dotée depuis mai 2002 de normes officielles, est à la recherche d'une légitimité qui lui fait encore défaut. Le laxisme volontaire des 98 critères imposés – par exemple environ la moitié reprend des exigences réglementaires que tous les producteurs sont déjà tenus de respecter – dénote une volonté de faire entrer le plus grand nombre possible d'agriculteurs dans la démarche, officialisant ainsi l'entrée de l'agriculture industrielle « classique » dans l'ère du développement durable…

Des intentions à vérifier sur le moyen-long terme
Cette stratégie n'est pas d'ailleurs forcément critiquable, à condition qu'elle ne soit pour ses initiateurs qu'une étape de transition visant à préparer en douceur les agriculteurs, et à donner le temps aux industriels fournisseurs d'intrants de changer profondément leurs produits et services.

Soulignons néanmoins que, pour l'instant, les textes sont conçus de telle façon que les quantités d'intrants chimiques employées ne devraient pas diminuer : les industries agro-chimiques et agro-alimentaires peuvent contraindre l'agriculteur, sous couvert de respect de l'environnement et de traçabilité, à utiliser tel produit, telle semence, tel itinéraire technique… (2)

Cette politique du changement en douceur explique que l'agriculture raisonnée attire de plus en plus d'agriculteurs. Il faut espérer que ceux-ci soient sensibilisés progressivement à des pratiques plus respectueuses de l'environnement, et que certains décident de convertir ensuite leur terre en bio. Une démarche bien plus respectueuse de l'environnement et qui favorise – entre autres avantages supplémentaires – une reconquête sociale de l'espace rural. Les industriels du secteur agricole doivent quand à eux comprendre que rassurer les consommateurs ne suffit pas à long terme : il leur faudra aussi remettre en cause profondément leur mode même d'élaboration et de production de nouveaux produits ou services.

L'avenir dira si ce type d'agriculture aura servi de tremplin à des méthodes agricoles vraiment écologiques et durables de la terre, ou si celle-ci, en devenant le standard de production de demain, se contentera de maintenir les problèmes environnementaux à une échelle acceptable, sans jamais vraiment les éliminer totalement…

(1) Article : « Le Val de loire s'essouffle », Que Choisir, n°395, juillet-août 2002

(2) Article : « Le raisonnement par l'absurde », Campagnes solidaires, n°152, mai 2001

Sauveur Fernandez

3 - Sites recommandés

Les sites présentés ici sont idéaux pour une première découverte. Pour une recherche plus approfondie, rendez-vous aux liens choisis, puis dans le moteur de recherche, tapez « Agriculture biologique »

FARRE - Le site officiel : http://www.farre.org/

Les informations disponibles sont plutôt destinées au grand public. Ce site est intéressant à parcourir pour un professionnel de la communication, car la langue de bois y est très bien maniée : ainsi quand il dit par exemple que ce type d'agriculture « répond aux critères du développement durable », beaucoup reste à dire. … Le concept marketing des « fermes de rencontre », quand à lui est conçu visiblement pour rassurer le consommateur…

 

AGRISALON - Actualités et exemples concrets : http://www.agrisalon.com/07-dossiers/template.php?dos=1

Pour connaître les dernières actualités (notamment les certifications en cours) et lire d'autres exemples pratiques de mise en place.

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