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Communication responsable :
à la recherche de l'échange perdu 1re
partie Révisé le 6 septembre 2002 (attention :
mises à jours fréquentes)
A Répondre aux nouvelles attentes A - Répondre aux nouvelles attentes Les nouvelles demandes de la
société Il est primordial de comprendre ses nouvelles attentes pour, au-delà d'une économie performante, bâtir d'abord une société plus solidaire et moins polluée. Publicité,
le temps des responsabilités Les conséquences sociales et environnementales de la société de consommation ne sont jamais prises en compte par les entreprises et leurs agences publicitaires, ni enseignées dans leurs écoles. Le marketing classique, quand à lui, issu de cette culture du bonheur par la consommation, fait depuis longtemps fausse route, en ne voyant dans l'être humain qu'une « machine à acheter » qu'il suffit de toujours mieux connaître pour vendre plus. Les secteurs de la communication et du marketing n'échapperont pas, à l'instar des entreprises à une remise en cause de certains de leurs principes de fonctionnement. Pressés par les industriels, trompés par leurs propres convictions, ils ne prennent pas le recul nécessaire pour exercer leur métier autrement. Beaucoup de matière grise est gâchée dans les agences de pub traditionnelles : dans le monde, des millions dartistes, designers, de spécialistes du marketing, créatifs, travaillent à vendre des produits inutiles à l'usage mais bardés de promesses psychologiques fausses à lobsolescence programmée et chers. Très peu se consacrent à améliorer la société par la promotion de modes de vies plus sains, plus solidaires. Et les rares qui s'y attellent, le font souvent avec des méthodes inadaptées. Quel dommage ! Si la « pub » peut
faire ou défaire une marque, elle peut sous le terme plus
noble de communication exercer aussi son « art »
de convaincre pour inciter à suivre des modes de vie et de consommation
plus positifs, moins porteurs de crises sociales (maladies de civilisation,
violence, exclusion, etc.). Communiquer de façon responsable, c'est tout d'abord s'adresser à la globalité de l'individu, d'abord citoyen avant d'être consommateur, responsable de lui même, de la société qui l'entoure, et de plus en plus conscient de l'influence que ses achats exercent sur l'environnement et la société La communication responsable endosse aussi sa part de responsabilité dans linstauration et le renforcement de liens sociaux, en établissant un véritable échange relationnel humain. Elle veille à ce que les communications à but commercial basées sur le marketing et la publicité, remplissent ce contrat social. Elle s'impose une charte éthique rigoureuse, consciente de son pouvoir « inné » de conviction, et de sa très grande influence sur les sociétés. La communication responsable, si elle repose en partie sur un acquis marketing et créatif éprouvé, est radicalement différente d'une communication publicitaire classique. Une de ses convictions profondes, est qu'il est dangereux pour la société entière de traduire systématiquement TOUS les désirs de l'homme en « pulsion » consumériste. Utilisée conjointement avec l'écoprospective, elle constitue un « marketing-mix » très innovant, capable de concevoir et de communiquer dans le respect d'un développement soutenable. Inspirée des principes du marketing social et du marketing « vert », elle bénéficie aussi grandement des sciences humaines et écologiques. Elle reste une réflexion pratique originale de lÉconovateur.com, initiée par Sauveur Fernandez, et affinée par une petite équipe pluridisciplinaire. (2) Communiquer de façon responsable,
est-ce légitime ? Dans un monde idéal (3), nous en sommes convaincus, la publicité nexisterait pas. Mais elle exerce aujourdhui une grande emprise sur nos société, et il est illusoire, à l'heure actuelle de vouloir la faire disparaître radicalement, celle-ci étant imbriquée étroitement dans l'économie néolibérale. (4) Il nous parait en même temps imprudent de se cantonner seulement au rôle de critique, sans soumettre simultanément des contre-propositions positives, visant à la réformer progressivement. Car à ce moment là, ses défenseurs ne manquent pas de dénoncer le coté « utopique » des « antipub ». À ce sujet, lÉconovateur na pas pour vocation de supprimer la publicité et le marketing, mais par une vision pragmatique, de les réformer en profondeur en leur faisant prendre conscience de leurs responsabilités sociales et environnementales. Des difficultés de mise en place, et des risques de récupération ou de dévoiement existent néanmoins (nous le verrons plus bas, des gardes-fous sont étudiés). Mais en agissant ainsi, la communication responsable se pose alors en contre-pouvoir positif et dynamique.
Voici les sept principes fondateurs qui la distinguent totalement des autres formes de communication (en particulier la publicité), et en font d'abord un outil au service de la société entière. C - Les 7 principes fondamentaux 1
Le DIRE et le FAIRE Pour lentreprise la tentation est grande de bâtir une image de marque globale et positive, soucieuse dactions sociales et environnementales, mais avec un minimum dactions concrètes. Le risque est alors grand sur le long terme de s'exposer à un revirement d'opinion négatif :
Les pouvoirs publics ont souvent l'intention louable de réprimer certains excès de sociétés (campagnes antialcool ou antitabac, sécurité routière ), au travers de campagnes de communication préventives. Mais elles retirent dans le même temps beaucoup de bénéfices des taxes et impôts prélevés par exemple sur l'alcool et le tabac et n'osent pas mettre en place certaines mesures vraiment efficaces de prévention (par exemple, interdire aux fabricants automobiles de communiquer sur la puissance de leur véhicule). Quand aux ONG, associations, et structures indépendantes, elles doivent cesser de militer pour un monde meilleur, tout en continuant, par exemple, dacheter des T-shirt promotionnels ou animaux en peluche au prix le plus bas (donc fabriqués certainement par des enfants en Chine ou ailleurs ). 2
Savoir dire non La communication responsable ne peut communiquer, en quelque manière que ce soit, sur certains produits, définitivement nuisibles à long terme pour la société (ex : véhicules 4/4 polluants utilisés en milieu urbain, confiseries vendues comme aliments diététiques, placements boursiers classiques sans visibilité sur leur usage, etc.). L'écoprospective peut, dans ces cas critiques, contribuer à élaborer d'autres pistes de création. À nouvelles attentes, nouveaux produits. Les hommes et les partis politiques devraient aussi sinterdire de de se considérer comme des produits de supermarchés, en laissant la forme de leur message dominer largement le fond, laissant ainsi la place à une pratique démagogique de la communication, amplement pratiquée par tous les partis actuels 3
Utiliser d'une façon responsable et éthique les techniques
de communication actuelles
4 Informer d'abord sur l'usage réel
des produits, éviter l'effet « poudre aux yeux » De tous temps, et dans toute les sociétés, la vente ou l'usage d'objets ou services achetés a toujours répondu à 3 fonctions fondamentales : utilitaire, sociale (convention et valorisation sociale ), et intime (acheter un objet pour des raisons émotionnelles ). Il nest donc pas vraiment blâmable dacheter par exemple une télévision pour mettre aussi en avant sa position sociale ou ses différences culturelles (avec un beau design ). Le problème actuel, est que léquilibre entre les 3 fonctions dusage décrites plus haut est rompu. Aujourdhui, les spécialistes du marketing et du design savent très bien que laspect utilitaire de lobjet est devenu, en beaucoup de domaines, très secondaire. Le consommateur est aujourd'hui trompé en permanence. La publicité lui vend un objet inutile (donc cher) en lui faisant croire que ses aspirations profondes (statut social, amour, bonheur, et aujourd'hui spiritualité) seront comblées. Le tout se passant dans un contexte général de délitement des liens sociaux qui parle aujourd'hui à son voisin de pallier ? et de besoin diffus de chaleur humaine, les promesses publicitaires n'en sont que plus attractives Beaucoup de biens de consommation vendus actuellement même parmi les plus basiques ne sont plus achetés pour leur usage effectif, mais d'abord pour la valorisation sociale ou personnelle qu'elles procurent. Les industriels doivent accepter de ne plus chercher à vendre à tout prix, à grandir sans arrêt, au risque d'influencer dangereusement les modes de pensée des sociétés. Il faut vendre mieux, et honnêtement.
Le retour à la publicité « réclame », considérée à tort comme obsolète et « vieillotte », doit être encouragé, au moins pour les objets les plus banalisés, ou les plus nuisibles à l'environnement, car elle avait le mérite de ne vanter que les seules qualités d'usage du produit.
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Écouter autrement La communication classique considère avant tout lindividu comme un consommateur permanent (une « vision » originaire de l'entreprise, mais qui gagne de plus en plus les institutions civiles, collectivités ). Elle est incapable de percevoir ses attentes profondes (bonheur, affirmation de soi ) sous un angle autre que consumériste. Lécoute que lentreprise, par exemple, porte à ses clients par des études, sondages, etc. est nécessairement faussée par cette approche trop limitée. Quelles en sont les conséquences ? Les communication de crises, les boycotts, la méfiance envers la mondialisation économique, prouvent, chacun à leur manière qu'une fracture sociale, signe d'incompréhension réciproque, commence à s'installer entre l'entreprise, l'État, et la société civile. (5) Concrètement, il sagit de modifier et d'enrichir les traditionnelles études (marché, attentes, satisfaction, panels, test ), avec des critères autres que consumériste. Les degrés d'implication et de connaissance de modes de vie plus soutenables (normes environnementales, respect des droits des consommateurs, alimentation bio, finance éthique ) sont privilégiés par rapport aux critères classiques d'analyse par sociostyle, démographie, comportements (très souvent mal compris !), etc. À lheure du développement soutenable, la communication responsable noublie jamais lindividu à travers le consommateur : une subtile écoute de l'autre et un véritable dialogue doivent permettre l'instauration d'une relation vraiment authentique, gage de confiance et d'enrichissement réciproques.
Avertissement : tout écoute véritable suppose un échange. Tout échange suppose d'accepter une possible remise en cause de ses convictions ou attitudes personnelles. L'enrichissement mutuel est à ce prix.
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L'apport social et éthique des biens de consommation, à
travers la création et le maintien d'un lien social authentique Un constat : la communication, (surtout la publicité), par essence est toujours à sens unique : il sagit dabord de convaincre, de séduire, par un simulacre d'échange, dénué d'enrichissement mutuel. Notre opinion véritable « à chaud » est ignorée. De plus, les publicitaires ont créé au fil du temps une forme dévoyée et dangereuse de relation avec le produit ou la société qui le fabrique : l'attachement et la relation émotionnelle et affective à la marque (6). Le but avoué est de créer un « affect » fort qui transcende l'usage pragmatique du produit, et vise à faire acheter une émotion, plutôt qu'un produit ou service avec un usage précis, afin de pousser à la fidélisation et à la consommation. L'ironie d'une telle approche est notamment l'artificialisation et la virtualisation progressive des relations humaines qu'elle engendre :
Pourtant, en tant que consommateur, nous recherchons très souvent un contact humain véritable lors de l'acte d'achat : la grande distribution promet par exemple, dans ses slogans, d'être un lieu de vie. Mais comment dialoguer avec une caissière surchargée de travail ? Une communication saine doit parvenir à instaurer un échange concret, sincère et réciproque :
Au delà d'un lien dynamique, la communication responsable cherchera toujours à privilégier la relation humaine directe, en replaçant par exemple le vendeur ou la vendeuse dans son rôle fondamental d'instauration et de renforcement de lien social. On évitera un changement trop fréquent des vendeurs en magasin, afin que ceux-ci puissent participer dans la vie de quartier. Il faut aussi permettre et encourager une implication véritable du citoyen ou du consommateur. Le client, par exemple, doit dabord acheter un bien pour le rapport authentique quil entretient avec ceux qui le produisent, ou le vendent. (8)
Nous rappelons que dans le domaine commercial, l'apport social des produits devrait d'abord résider dans leur utilité réelle et un respect des équilibres psychiques et culturels que nous entretenons avec eux (7). Par exemple, certains biens de consommation, qualifiés de produits « à fantasme » parfum, mode etc. , loin d'êtres inutiles, recèlent des fonctions sociologiques positives cachées (par exemple cohésion culturelle des membres d'une société). Il incombe alors de veiller au minimum à ce que ceux-ci ne véhiculent pas des valeurs dommageables pour le corps social (exemple, la vague récente du porno-chic dans l'industrie du luxe). Tous ces constats nous amènent à la notion de valeur éthique globale d'un bien de consommation : celui-ci ne doit pas seulement être abordable (valeur économique) ou procurer un plaisir personnelle (valeur intime) : il doit aussi préserver un tissu relationnel vivant en incitant par exemple les gens à manger ensemble (valeur sociale), contribuer au meilleur de l'homme (valeur de sens), ne pas abimer l'environnement comme les écoproduits (valeur environnementale), et veiller aussi au maintien des autres formes de vie comme le bien être animal dans l'élévage (valeur spirituelle). (8) Chaque membre de la société, institutions civile, entreprise, citoyen doit avoir conscience de cet objectif éthique et social. 7
Éducation, sensibilisation et formation aux grands enjeux de
société Pour éviter l'apparition (proche ?) d'un monde pollué, constitué d'obèses, de violence rentrée, et de citoyens vivant leur vie au travers de celle des autres (télé réalité ), les gouvernements, les entreprises, les médias, la société civile, et le citoyen consommateur, doivent être sensibilisés et encouragés à réfléchir et s'impliquer dans ces grandes problématiques. La communication responsable a un rôle important à jouer en veillant à ce que les outils de communication soient bien utilisés, et en apportant son expertise dans les domaines du lien social et de l'environnement. Il faut veiller, cependant, à ne pas convaincre à tout prix, ou à seulement créer un impact émotionnel, mais d'abord à former le jugement et surtout, comprendre et impliquer les populations concernées. Suite de l'article (à paraitre prochainement) : de la nécessité d'instaurer un label officiel, description du mode de travail original de cette nouvelle approche, et les secteurs qui peuvent en bénéficier (entreprises, institutions, société civile).
En savoir plus (1) Magazine "Que Choisir" n° 345 page 29. (2) Découvrir l'équipe multidisciplinaire de l'éconovateur. (3) Un essai d'écoprospective sur la pub du futur : « 2047, journée ordinaire d'une agence de communication ». (4) Pour en savoir plus, lire une synthèse du livre de Dominique Quessada « La société de consommation de soi ». (5) Sur les erreurs des études marketing de consommation, lire « Le consommateur, ce grand inconnu ». (6) Pour en savoir plus, lire « Hors-média, quand la pub avance masquée », troisième partie. (7) Sur la charge symbolique des objets et leur manipulation par la pub, lire une synthèse globale de 2 livres « Petites manipulations d'aujourd'hui » et « Comment comment l'esprit vient aux objets ». (8) Sur la notion de valeur éthique globale d'un bien de consommation, lire « L'éthique du bien de consommation ». Toutes les
prestations professionnelles de l'éconovateur.
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