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Sur le gril'
Revue de presse Janvier
2002
La revue de presse est arrêtée depuis
avril 2002 (Notre petite équipe est débordée).
Pour lire l'intégralité des revues parues jusqu'à
cette date, consultez les archives à droite du menu ci-dessous.
Chaque mois, une dizaine d'articles
"extérieurs" vous sont soigneusement proposés,
avec une synthèse, et un décryptage prospectif. Pour une
lecture pluridisciplinaire du monde qui nous entoure.
Sauf mention, les revues papier
mentionnées sont françaises.
"Porto Alegre",
mais pourquoi y vont-ils tous ? 30/1/02 Quotidien
Ce quotidien dresse en deux pages un premier état
du deuxième forum social mondial de Porto Alegre, qui ouvre le
31 janvier. Les causes profondes qui expliquent le pourquoi de ce forum
y sont succinctement, mais correctement expliquées (il ny
a pas quune sorte de mondialisation, un dialogue Nord-Sud doit s'établir,
opportunisme de certains dirigeants politiques, etc.).
Cet article est intéressant car nous le trouvons dans un quotidien
grand public, plutôt populaire (Le Parisien appartient au groupe
privé Amaury, propriétaire entre autres du quotidien sportif
Léquipe). Il semble, par rapport à lannée
dernière que ces médias généralistes (à
lexception de certains, très marqués à droite)
transmettent de mieux en mieux, et sans déformations les motivations
profondes de ces réseaux alternatifs à la pensée
unique.
Le
Parisien n° 17851, du mercredi 30 janvier 2002
"Notre fumier est or"
25/1/02 Magazine
Le tout-à-l'égout fait partie de
ces progrès moderne qui ne sont jamais remis en cause, auréolés
de leur contribution à lhygiène et la lutte contre
les maladies.
Et pourtant, chaque année 40 à 60 mètres cubes deau
potable sont gaspillés et pollués dans les toilettes dune
famille de quatre personnes. Le tout-à-légout ne permet
pas non plus une véritable épuration, et ne fait que déplacer
la pollution. De plus, il considère comme un déchet ce qui
est en fait un véritable or noir : les déjections de nos
toilettes.
Convenablement traitées, celles-ci peuvent se transformer à
la source même, et par le principe du compost, en un humus précieux,
un engrais organique gratuit de grande qualité pour la fertilité
des terres agricoles.
Larticle que nous citons est étonnant, car, dès le
dix-neuvième siècle année de ladoption
en masse de ces modernes systèmes dépuration
Victor Hugo lui-même, dans une de ses uvres majeures
Les misérables a très bien su percevoir le gaspillage
et la pollution énorme engendrés par le désormais
reconnu tout-à-légout.
Politis
n° 685, du 24 au 30 janvier 2002
Comment Berlusconi se sert de l'État
Italien 21/1/02 Magazine
"L'Italie, c'est moi !" :
La revue dresse un bilan exhaustif sur les sept mois au pouvoir du président
du conseil Italien Sylvio Berlusconi. Le bilan est plutôt maigre.
La plupart des réformes annoncées ne sont pas au rendez-vous.
Le chef dentreprise-Président a par contre pris soin dinstaurer
des dizaines de nouvelles lois qui arrangent son statut privé dhomme
daffaire.
De plus, les Italiens ne considèrent pas comme choquant que le
chef de gouvernement soit aussi propriétaire des trois principales
chaînes de télévision privées, de la plus grande
maison dédition du pays, dIntérêts privés
dans de très nombreuses affaires, etc.
Berlusconi adopte aussi une rupture europhile radicale, avec ladoption
dune politique pro-américaine de plus en plus marquée.
Cet article amène plusieurs commentaires :
1 Le manque de culture civile et déducation aux enjeux
et libertés démocratiques, de la part des citoyens italiens
est inquiétant (idem pour dautre pays dEurope) .
2 Cette expérience grandeur nature de la direction
dun pays par un chef dentreprise commence à démontrer
quun pays ne se dirige pas comme une simple filiale dentreprise
pour de nombreuses raisons sous-jacentes : il ne sagit pas de diriger
pour vendre un produit, mais de gouverner des institutions (les compétences
nécessaires et les buts ne sont pas du tout les mêmes), le
cumul des genres nest jamais égalitaire (Berlusconi pense
dabord à lui), etc.
Courrier
International n° 585, du 17 au 23 janvier 2002
"Comment consomment les antipub ?"
19/1/02 Magazine
Le magazine "L'Entreprise" propose un
article exhaustif qui explique honnêtement ce qui anime ceux qui
sont contre la publicité, et la consommation en général
: refus dune société qui consomme à outrance,
marchandisation économique, abus de toutes sortes de la publicité
Ils restent aussi des consommateurs à part entière, et leur
façon de consommer, très personnelle est brièvement
décrite (circuits courts, points de vente indépendants,
commerce équitable etc.).
Larticle ninsiste cependant pas assez sur le fait que les
antipub ne prétendent pas renverser les valeurs actuelles
de société, mais souhaitent dans la majorité établir
des gardes-fous contre certains excès (Taxe Tobin de régulation
des flux financiers, pour Attac, par exemple), et proposer d'autres alternatives
économiques.
De plus, la profondeur de ce mouvement nest pas assez mise en avant :
la description des principales stars de lanti-surconsommation fait
oublier la multitude et la richesse dassociations et dONG
moins connues du grand public, qui uvrent dans le même but.
Certaines revues alternatives, moins connues que Nova Magazine ou Technikart,
mais bien plus riches dinformations sur ces nouveaux modes de pensée,
auraient mérité d'être citées : Silence,
Nature et Progrès, la Maison écologique, Casseurs de pub,
du Sol à la table, etc.
L'Entreprise
n° 196, janvier 2002
Petites nouvelles douteuses du monde
de la pub 17/1/02 Magazine
Pfizer sacré as du marketing : la
multinationale pharmaceutique Pfizer est sacrée as du marketing
par le magazine US "Advertising age". Cette firme est connue
pour sa commercialisation (exclusive) du Viagra : elle a réussi
au niveau international la performance de transformer un cas complexe
et non pathologique (problèmes d'érection), en maladie aisément
corrigible par un médicament. Qui a dit que le marketing avait
une éthique ?
La montée en France de la publicité interne :
la communication au sein des entreprises évolue progressivement
en
publicité interne. Un exemple en est donné avec
Lafarge, qui fait ce pari avec une pub' destinée à fédérer
l'ensemble des salariés de sa branche Plâtre. Le sentiment
d'appartenance à l'entreprise va bientôt devenir un produit
de consommation comme un autre
Les chaînes télévisées françaises
de service publique glissent vers le mercantilisme : France 2
prévoie une augmentation de ses ressources publicitaires de + 6,5
% en 2002, mais assure que cela ne changera en rien la qualité
de ses programmes. Les annonceurs sont-ils d'accord, vu l'importance des
budgets de communication qu'ils mettent en jeu ?
Extrait d'une interview de Rémi Barinet, coprésident
de BETC Euro RSCG : "
Il va falloir diversifier les liens
avec le consommateur. Les rapports établis avec lui sont en effet
trop réduits au 30 s, au 4/3 et au quart de page. Or le commerce
du futur devra être subtil. Il va falloir trouver un lien avec le
consommateur sur des supports qui n'ont pas encore été exploités
comme la musique, l'art, ou encore le design
". Le consommateur,
bombardé par plus de mille messages commerciaux par semaine, sera
enchanté d'apprendre que le "lien" tissé avec
lui n'est pas encore assez fort.
Le début de la fin de l'exception française en matière
de graphisme : les graphistes français font exception
avec le reste de l'Europe en manifestant une culture "plus proche
des casseurs de pub que des directeurs de marketing". Mais que les
marketers se rassurent : selon Guillaume Frauly, du bureau du club
des DA français : "La nouvelle génération
de graphistes à dépassé les vieux clivages et la
pub ne les hérisse plus autant qu'avant".
CBNews
n° 686, du 14 au 20 janvier 2002
"Croissance 2002 : prévisions
et nouvelles pistes" 13/1/02 Magazine
Un constat : la mondialisation n'a pas tenu ses
promesses de richesse pour tous. Les pays riches s'enrichissent bien plus
vite que les pays émergents, et la pauvreté extrême
génère la première guerre asymétrique du riche
contre le pauvre (attentats du 11 septembre 2001).
Partant de ces faits, voici un dossier qui a au moins le mérite
de faire comprendre que le développement est un processus extrêmement
complexe qui ne peut se limiter à des seules mesures économiques,
appliquées de surcroît sans nuances.
La première partie de ce numéro spécial "L'état
de la croissance 2002" est décevante, au vu du thème
choisi : la notion de croissance est perçue uniquement sous
l'angle économique, le terme de richesse désigne
exclusivement la création de biens matériels, et le PIB
(Produit Intérieur Brut) reste l'indice maître, au détriments
d'indicateurs plus modernes (PNUD, IDH) qui tiennent compte de l'éducation,
de l'accès à l'emploi, de la sécurité civile,
etc..
La deuxième partie, "Comment faire enfin décoller
les pays pauvres", est plus intéressante. Certaines erreurs
à éviter sont décrites : perte de dynamisme de l'Égypte
par des rentes trop généreuses (États-Unis, Tourisme,
Canal de Suez
), corruption (Philippines), manque de lois (Russie).
Il est dommage que les paradis fiscaux, et la spéculation financière
internationale (responsables entre autre de la faillite économique
de l'Argentine) n'aient pas été cités.
Les initiatives données ensuite en exemple décrivent exclusivement
certaines actions menées par les multinationales. Si celles ci
ne sont pas inintéressantes, rien n'est dit par contre des actions
autrement plus engagées menées par les représentants
de la société civile (ONG, associations). Mentionnons l'initiative
de l'Allemagne qui accorde de l'aide aux entreprises dont les savoir-faire
répondent à des critères de développement
durable, et une proposition d'ouverture de l'Europe aux produits agricoles
du Sud.
L'Expansion
n° 659, du 20 décembre 2001 au 23 janvier 2002
"Tendances marketing 2002 :
assumez votre ambivalence" 9/1/02 Magazine
Voici un article très optimiste du magazine
Stratégies sur les tendances 2002 des consommateurs. Celui-ci constate
que le consommateur, "devenu très aguerri, se joue des catégories
marketing. Il prend ce qui le tente pour une période, un endroit,
un contexte donnés." Le magazine s'enthousiasme aussi pour
ce "zapping permanent qui inspire aussi la vie privée : vivra-t-il
célibataire ou en couple ? avec une femme ou avec un homme ?
"
Le plus intéressant dans cette mini-étude n'est pas tant
dans la description (très classique) des dernières tendances
consommateurs, que dans les fausses valeurs qu'elle véhicule : le
citoyen est totalement confondu avec le consommateur. Son bonheur passe
d'abord par un choix impressionnant d'option de vie à consommer
: il n'a qu'à acheter pour obtenir tout à la fois santé,
soins du corps, et ouverture au monde
Le problème est que ces fameuses "options de vies" sont
d'abord des options de consommation : tout rêve, tout mode de vie
passent par un tiroir caisse.
Un autre danger de ce genre d'étude et de mettre sur un même
pied d'égalité, et sous prétexte de choix, toutes
les tendances, sans hiérarchie aucune. Si cela est positif pour
le choix de sa sexualité par exemple, il n'en est pas de même
pour les aliments biologiques, mis à égalités avec
les magasins robots, porteurs de "junk food"
Les hommes de marketing oublient aussi que "l'ouverture au monde"
n'est pas le résultat d'une société de consommation
bienfaisante, mais une réaction de la société civile
contre certains excès de consommation.
Enfin, une "spécialiste" du conseil en tendance et innovation
explique ces contradictions apparentes d'attitude : nous serions
en fait "partagés entre un moi adulte et un moi enfant"
Les professionnels des sciences humaines apprécieront
Soulignons que tous les produits "naturels cités", alimentation
et cosmétiques, sont de faux produits naturels.
Stratégies
n° 1218, du 4 au 10 janvier 2002
"Antimondialisation : la montée
des nouveaux contestataires" 5/1/02 Magazine
Un dossier intéressant sur "l'état
de l'art" des mouvements alternatifs antimondialisation, bien que
les rassemblements y sont traités de "raout", et que
certaines de leurs idées sont jugées comme "passéistes
et rétrogrades".
Qu'y apprend t-on ? Les principaux réseaux sont bien représentés
(Global Exchange, Public Citizen, Attac, etc.). Leur diversité,
leurs interconnections, et leur mode original de fonctionnement correctement
décrits (organisation en réseaux non hiérarchisés,
création ponctuelle de "groupes d'affinités" crées
lors de manifestations ponctuelles, puis sabordés
). La description
des principales personnalités, les thèmes de mobilisation
et les méthodes employées sont aussi commentés.
Nous regrettons seulement les limites de ce
dossier, inhérentes à son origine, le magazine français
Capital. Celui-ci, bien que sachant critiquer souvent courageusement les
travers des grandes entreprises, n'en reste pas moins farouchement acquis
aux dogmes économiques néolibéraux en vigueur.
Résultat, ce dossier pêche par des affirmations douteuses
: par exemple, il est affirmé que ces mouvement savent contester
mais ne proposent que de vagues solutions en retour, ce qui est évidemment
faux. Il suffit pour s'en convaincre, de constater les propositions très
précises de l'Agriculture Paysanne en France pour une agriculture
durable, ou de noter les grandes avancées de démocratie
participative à Porto Alegre, inspiratrices d'un nombre toujours
croissant de communes européennes.
Capital
n° 124, janvier 2002
"Peut-on qualifier l'agriculture
biologique de durable ?" 3/1/02 Magazine
Beaucoup de gens ignorent que, face à l'agriculture
intensive chimique, l'agriculture biologique n'est pas la seule réponse
pour un mode de production agricole alternatif. Celle-ci rejoint en fait
l'agriculture paysanne et les productions fermières dans le panthéon
de l'agriculture durable.
Cette dernière représente le Graal d'une agriculture idéale
avec 3 approches simultanées : l'économie (être
aussi productive que l'agriculture industrielle), l'agro-écologie
(préserver l'environnement, augmenter la biodiversité),
et le socio-territorial (éviter les atteintes à la santé,
augmenter les valeurs gustatives et nutritionnelles des aliments, maintien
d'un tissu rural).
Pour mieux s'insérer dans ce contexte, les pistes d'amélioration
du label AB de l'agriculture biologique sont précisées :
renforcement du cahier des charges dans le maintien du paysage (haies
),
obligation de résultats et non plus seulement de moyens (valeurs
gustatives et nutritionnelles), etc.
L'agriculture raisonnée
est perçue ici à juste titre comme une fausse alternative
durable.
Du
Sol à la table, n° 54, décembre 2001
Différence
entre commerce éthique et commerce équitable : "Les
consomm'acteurs" 1/1/02 Magazine
Voici un bon article de vulgarisation qui place
justement côte à côte commerce éthique et commerce
équitable, en expliquant leurs différences et points communs.
L'auteur fait remarquer que la pression des consommateurs amène
les entreprises, bon gré mal gré, à adopter une responsabilité
sociale plus grande à l'égard de leurs fournisseurs (commerce
éthique), et à assurer un prix plus juste aux producteurs
du tiers-monde (commerce équitable).
L'imperfection du contrôle social actuel des fournisseurs est bien
soulignée, provoquée notamment par la nature hautement spéculative
et "sauvage" de l'économie actuelle, l'obsession des
entreprises pour la baisse permanente des coûts de production, et
une attitude ambiguë sur ces questions de la part des États
concernés.
Beaucoup de problèmes restent encore à résoudre :
par exemple le respect des nouvelles normes sociales amène les
entreprises dans certains pays à licencier les jeunes enfants,
sans se soucier de leur "réinsertion".
Que
Choisir, n° 388, décembre 2001
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