| Un
débat de fond
Avez-vous
déjà essayé de parler de nature et d'environnement
lors d'une soirée ? Très vite deux camps se forment
: à notre gauche, les écolos-convaincus, défenseurs
de l'environnement, persuadés qu'une vie saine est une vie
proche de mère nature.
À
notre droite se trouvent les sceptiques, les cyniques, et
les désemparés : pour eux, la nature, c'est d'abord
les grands prédateurs, manger l'autre pour vivre,
la loi du plus fort.
Ils
ne sont pas les seuls à penser cela. Nous connaissons
des écologistes qui évitent ce genre de débat,
comme si une faille secrète dans la pensée
écologiste existait
Qu'en
est-il vraiment ? oui ou non, les lois naturelles
sont-elles dures et impitoyables ?
Un livre passionnant
Bien qu'écrit en 1978, par un écologiste américain,
Mr Paul Colinvaux, cet ouvrage continue de bousculer bien des idées
reçues sur la nature, et sait répondre simplement
aux grandes interrogations : pourquoi la nature privilégie-t-elle
la biodiversité des espèces, quels sont les rôles
méconnus du climat ? les mauvaises herbes ont-elles une utilité
? Les végétaux sont-ils formés en communautés
? Les animaux connaissent-ils la propriétée privé
? etc.
"Les
animaux
et les végétaux ne passent pas leur vie à
se battre, bien au contraire
" |
La grande interrogation
Mais le meilleur se trouve au milieu du livre, sous forme
d'un chapitre : "La coexistence pacifique".
L'auteur explique simplement que le concept de sélection
naturelle élaboré par Darwin a été
mal compris : les animaux et les végétaux ne
passent pas leur vie à se battre, bien au contraire. L'énorme
majorité des espèces vivantes ignore en fait
les conflits, et vit une existence pacifique. Ce n'est pas
un hasard, la vie l'a voulu.
La nature évite les compétitions
La raison en est très simple : les affrontements sont mortels
pour les formes de vie animales et végétales :
si deux espèces doivent s'affronter sans aucun recours possible,
la disparition de l'une d'entre elle est inévitable.
Les mathématiques et des expériences de toutes sortes
confirment cette loi du vivant.
Quels sont les moyens "naturels" d'éviter
les conflits ?
Les notions de niche écologique et de biodiversité
sont les plus importantes à comprendre : chaque espèce
est prévue pour être la plus différente
possible : les modes de vies (nutrition, habitat
) étant
dissemblables, les conflits sont minimisés.
Ensuite, les statistiques arrivent à
la rescousse : les grands prédateurs, par exemple, sont beaucoup
plus rares que l'on ne pense : la proportion avec leur proie
est de un sur dix ! De plus, ceux-ci, ne pouvant se permettre d'être
blessés, évitent de chasser les animaux les
plus vigoureux, se réservant les plus chétifs, ou
les malades. Un zèbre un bonne santé, a, en fait toutes
les chances de couler une vieillesse heureuse. Il en est
de même pour les plantes.
La notion de territorialité, a elle
aussi un rôle à jouer : elle permet de limiter
les effectifs. Si un couple de mésanges occupe un territoire,
par exemple, seule leur mort peut autoriser son occupation par d'autres
oiseaux de la même espèce
Pour la nature, une
des causes principales des guerres est la surpopulation,
ce que l'homme à oublié
Quelques déceptions
Il est vraiment dommage que l'éditeur, ou l'auteur, n'aient
pas pensé à réactualiser certains chapitres,
carrément obsolètes : les chapitres neuf, dix, et
onze sur les océans, la régulation de l'air et les
lacs sont à éviter. Il est prouvé depuis 1978
par exemple, que les mers ne sont pas des déserts biologiques.
De plus, le réchauffement climatique n'est
pas traité, et l'agriculture industrielle, bien perçue
par l'auteur, à prouvé depuis son haut degré
de nuisance ! Mentionnons aussi le manque de références
bibliographiques européennes.
Conclusion
Nous venons de voir que, non seulement Dame nature n'est pas une
guerrière, mais qu'elle a aussi des leçons de vie
à nous donner, à nous les humains.
Grâce à notre cerveau, et à nos
mains, outils à tout faire, nous avons pu rompre le
pacte des niches écologiques et envahir, non seulement le
voisin, mais les autres espèces vivantes. En ayant confondu
supériorité de notre espèce et force brute,
nous sommes en train d'en payer le prix : la destruction
écologique du vaisseau Terre.
Un livre à recommander.
- Sauveur
Fernandez -

|