Éthique
com'
Le développement durable est-il soluble dans la jeunesse ? Comment dissoudre le développement durable
dans l'esprit des jeunes ? [ LIRE ]
Critic
com'
OGM : manipulations en tous genres Comment faire passer la pilule des OGM auprès
du grand public, qui, de façon majoritaire n’en veut pas ?
[ LIRE ]
Voir autrement Low-tech, la deuxième voie technologique 4me partie et fin : comment concevoir des
technologies réellement soucieuses du bien-être des hommes,
et de la planète. [ LIRE ]
Voir autrement À la recherche des lois pacifiques de
la guerre 3me partie : la guerre, soeur fatale de l'humanité.
[ LIRE ]
L'écotourisme,
c'est tout simplement l'art de voyager en ayant pour idée maîtresse
la rencontre de l'autre, la compréhension et le respect de son
mode de vie, avec le souci constant de perturber le moins possible l'écosystème
social et économique local.
Tout le contraire du tourisme mondial actuel Mais fort heureusement
une prise de conscience se fait jour
Les conséquence d'un palmier pour tous Je me souviens encore d'une heure de philosophie en
classe de Terminale ou notre prof' nous avait fait discourir sur les vertus
du tourisme pour rapprocher les peuples de manière pacifique.
À la même époque, l'Île de
Malte en Méditerranée entamait un énorme chantier
pour préparer le pays à la manne touristique. L'année
dernière, (quelques vingt ans après ) nous nous y sommes
rendus avec ma compagne et j'ai été effrayé
de constater à quel point l'adoption d'une industrie touristique
de masse peut transformer une petite île en succursale ensoleillée
de Lafarge, et grandement détériorer la personnalité
d'un pays
C'est un fait, la transformation du tourisme en produit
de grande consommation à bouleversé quelque peu les
vertus pacificatrices espérées (664 millions de touristes
en 1999, 1 milliard attendu en 2010*, une des plus grosses industries
mondiales ).
Le touriste occidental "Lambda", tout heureux
à l'idée d'avoir son palmier, son bout de
plage et sa "séance-photo-dans-un-village-authentique"
n'a très souvent pas conscience que l'empreinte qu'il laisse,
en particulier dans les pays du Sud, n'est pas seulement celle de ses
pieds. Voyons brièvement les effets les plus directs :
Faibles retombées financières
du pays concerné : 80 % de l'argent du Tourisme revient
aux compagnies aériennes, agences de voyage, hotels et autres
compagnies internationales Les magasins artisanaux des grands
hotels importent souvent des produits "artisanaux industriels"
ne faisant ainsi pas vivre les entreprises locales
Poids et influences négatives du tourisme
par rapport aux autres activités économiques : à
Djerba, dans le sud de la Tunisie, les constructions d'hotels ont rapidement
fait reculer les terres agricoles et les jardins au point que l'île
produit désormais moins de 10 % de ses besoins alimentaires (Source
Alternative économiques juillet-Août 2001).
Impérialisme économique des
pays riches : au Belize, 90 % de l'ensemble du développement
côtier du Bélize est entre des mains étrangères.
Peu de transferts de compétences :
l'industrie touristique se targue à juste titre de générer
des emplois. Cependant les embauches locales sont réservées
aux "petites mains", les cadres étrangers remplissant
les fonctions les plus qualifiées
Dégâts environnementaux locaux et
mondiaux : en 2015, la moitié de la destruction annuelle
de la couche d'ozone sera causée par les transports aériens
Un cours de golf moyen en Thaïlande à besoin d'une tonne
et demie de fertilisants et produits chimiques de toutes sortes par
an, et use autant d'eau que 60 000 habitants locaux Aux Philippines
et aux Maldives, le dynamitage des coraux pour la construction d'hôtels
a gravement endommagé les barrières de corail et fragilisée
l'industrie locale du poisson.
Perte de l'identité culturelle : à
Hawaii, des lieux d'inhumation ont été détruits
afin de construire des complexes touristiques (Imaginez cela en France ).
En Afrique de l'Est, la tribu des Massai à été
déplacée de son territoire d'origine pour favoriser les
safaris touristiques Sans parler de l'influence du style de vie
Coca Cola et lunettes Ray-Ban
Prostitution : nul n'ignore que la Thaïlande
est devenue depuis longtemps la maison close de la planète, et
que certains pays limitrophes (Viêt-nam ) rêvent d'en
faire autant
Devant ce constat, des volontés se sont élevées
depuis quelques années pour proposer un tourisme différent.
Ainsi est né l'écotourisme
L'écotourisme c'est quoi
?
La notion d'écotourisme fut définie pour la première
fois en 1983 par le Mexicain Héctor Ceballos-Lascuràin -
actuel directeur de la commission écotourisme de l'UICN (Union
internationale pour la conservation de la nature). Ce fut d'abord
un concept crée pour décrire un voyage de découverte
dans une nature préservée, avec l'accent mis sur l'éducation
et la sensibilisation au milieu.
L'énoncé évolua par la suite
pour intégrer la minimisation des impacts sociaux et économiques
du voyage sur le pays traversé.
L'écotourisme, dit avec
le cur, c'est l'art de voyager en ayant pour idée
maîtresse la rencontre de l'autre, la compréhension
et le respect de son mode de vie, avec le souci constant de perturber
le moins possible l'écosystème social et économique
local.
"Ne laisser
derrière soi que des empreintes de pied "
Comment ça marche ?
Paradoxalement, à cause de la richesse des situations, il
n'est guère aisé de décrire précisément
les mécanismes de fonctionnement (voyage culturel, de plaisance
ou de découverte de la nature ? Partir dans le Lubéron ou
au Sénégal ? Par ses propres moyens ou en voyage organisé ? ).
Voici cependant les grandes directions :
Éducation des touristes : nécessité
d'une sensibilisation avant de partir. Prise de conscience de la force
d'intrusion du tourisme, cesser de considérer le pays à
visiter comme une carte postale "grandeur nature", choix d'un
tout opérateur offrant des garanties, règles élémentaires
de savoir-vivre, économies des ressources naturelles (eau ),
acheter et manger local, attention sincère à la culture
et la vie du pays, ne laisser derrière soi que des "empreintes
de pied"
Formation des professionnels :
Sensibiliser les employés et intervenants, instaurer une culture
environnementale et culturelle locale.
Établir une charte de bonne conduite.
Respect de l'environnement et des ressources
naturelles : veiller à ne pas léser les habitants
en ressources (eau, électricité, pétrole ),
à ne pas polluer (déchets, eaux usées en excès),
à proposer des loisirs "responsables" et adaptés,
(pas de terrains de golf, promouvoir des activités artistiques
ou de découvertes), à établir une juste répartition
des bénéfices, à soutenir et utiliser l'économie
et les ressources locales
Y a-t-il des labels ou certifications ?
Il existe actuellement au niveau international deux "écochartes" :
La charte du tourisme durable.
La plus exigeante. Publiée à Lanzarotte aux Canaries en
1995 à à l'initiative de grands organismes (OMT, Unesco,
Pnue, etc), elle est une application directe des principes du développement
durable.
Le code mondial d'éthique du Tourisme,
adopté par L'Office mondial du Tourisme en 1999.
Créées pour les professionnels du tourisme,
ces chartes sont très récentes d'une exigence moyenne et
encore peu appliquées à la lettre, les contrôles étant
difficiles
Elles ont aussi imparfaites et généralistes
car comme vu plus haut, elles englobent mal la diversité des cas
Mais elles constituent en soi un progrès notable
Cependant des propositions plus adaptée se font jour,
qui proposent un système de niveau ou d'étoiles,
un peu comme les hotels actuellement, et qui ont le mérite d'éviter
de faire de ce concept un chapeau fourre-tout où chaque voyagiste
et chaque touriste en tirent ce qu'ils veulent
Quelques familles
On peut en attendant distinguer par ordre croissant d'exigence plusieurs
familles adaptées aux motivations de chacun. Soulignons que les
termes proposées ci-dessous sont ceux adoptés le plus communément
et ne font pas encore l'objet de dénominations définitives
:
Le tourisme"nature", tourisme
"vert" : sensibilisation simple aux préceptes
de base : la "charte du voyageur" du voyagiste Atalante est
un bon exemple (Ne pas donner de pourboires aux enfants )
Le tourisme éthique : les plages et
les crèmes solaires ne sont plus l'objectif premier. La rencontre
avec les réalités du pays fait aussi partie du voyage.
Le voyagiste Vacances Bleues avec son programme "voyager autrement"
propose par exemple au Sénégal des rencontres locales
avec des instituteurs ou des ONG actives de la région.
Le tourisme solidaire ou équitable : celui
vise explicitement à utiliser le tourisme pour soutenir des projets
locaux de développement et de solidarité, sur le même
modèle que le commerce équitable.
L'écotourisme, tourisme responsable :
le stade ultime "idéal" non encore dans les chartes
consisterait à passer une partie de ses vacances à s'engager
personnellement sur le lieu de ses vacances dans des projets de développements
locaux. Quelques initiatives intéressantes commencent à
émerger qui vont dans ce sens. (1)
Les dangers d'un concept "Marketisable"
En France la publication d'un "Guide du voyageur citoyen" édité
par la FNAC cet été et proposant des séjours "éthiques"
est une initiative louable allant dans le bon sens. Cependant les nombreuses
critiques formulées à son égard (2) montrent bien
les dangers et contradictions de ce genre d'action :
- Les touristes "consommateurs" renoncent
difficilement à leur terrain de golf et à leur confort
d'occidental aisé
- Le "business" du tourisme, comme
tous les autres secteurs économiques est pris dans une spirale
infernale de devoir de rentabilité excessive et de concurrence
acharnée due à la mondialisation économique actuelle
Conclusion : une norme d'avenir
Le concept d'écotourisme, sur les traces du développement
durable est un grand pas en avant.
Souhaitons que l'industrie touristique puisse donner l'exemple
en entamant progressivement une véritable révolution
"silencieuse" sans devoir subir pour cela des crises
douloureuses comme celles de l'ESB, ou de l'amiante pour les autres secteurs
Notons aussi la grande responsabilité des hommes
de communication et des journalistes dans un travail de formation
et d'éducation sur le grand public, l'état et les
industriels
Soulignons pour finir que la véritable clé
de la réussite viendra surtout de la prise de conscience
du consommateur. Lui seul par le pouvoir de sa carte de crédit
pourra réellement - à l'instar de l'agriculture biologique
ou des médecines parallèles - transformer le tourisme
de grande consommation en passion de la rencontre de l'autre.
(1) pour une projection prospectiviste sur le tourisme "idéal"
lire L'écotourisme en 2025.
(2) Voir pour les exemples l'article du magazine 60
Millions de consommateurs "Le tourisme peut'il être éthique
?" n° 352 - Juillet-Août 2001, page 20.
En savoir plus
Liens
choisis sur l'écotourisme (chiffres, exemples, chartes de conduite ).
Vous y trouverez les adresses des organismes ou agences citées
dans l'article
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