Éthique
com'
Le développement durable est-il soluble dans la jeunesse ? Comment dissoudre le développement durable
dans l'esprit des jeunes ? [ LIRE ]
Critic
com'
OGM : manipulations en tous genres Comment faire passer la pilule des OGM auprès
du grand public, qui, de façon majoritaire n’en veut pas ?
[ LIRE ]
Voir autrement Low-tech, la deuxième voie technologique 4me partie et fin : comment concevoir des
technologies réellement soucieuses du bien-être des hommes,
et de la planète. [ LIRE ]
Voir autrement À la recherche des lois pacifiques de
la guerre 3me partie : la guerre, soeur fatale de l'humanité.
[ LIRE ]
Une
deuxième voie existe, qui peut nous éviter de choisir entre
retour à l'âge des cavernes et face sombre du high-tech (pollution,
gaspillage des ressources…) : le low-tech
Suite et fin de l'article sur la quête d'une
utilisation bénéfique et sûre des pouvoirs technologiques
de l'homme.
La quatrième
partie à présenté les 3 obstacles principaux
à l'avènement de la civilisation low-tech.
5 – LOW-TECH VERSUS HIGH-TECH Voici pour conclure ce dossier, et
sous forme de question et réponse, les principales différences
entre les technologies high-tech et low-tech, qui résument et enrichissent
les réflexions précédentes.
High-tech
Low-tech
La
technologie la plus sophistiquée ?
Le high-tech
se veut une science de pointe fondée sur la complexité.
Mais ses paradigmes de départ
sont dans les faits singulièrement pauvres,
car axés sur une notion tronquée
de performance, et un réductionnisme de vue excessif:
par exemple, l'agriculture intensive nourrit directement la plante
avec de l'engrais et un complexe nutritif, et la soigne avec des
molécules de synthèse.
L'énorme avantage, une productivité
immédiate accrue, est cependant annulé
dans le temps par des pollutions « imprévues »
de toutes sortes, et la mort des sols.
Le low-tech
est souvent perçu comme les sciences et technologies du pauvre.
Son apparence de simplicité
(basée en partie sur une préférence pour des
solutions simples et éprouvées) est trompeuse.
C'est en réalité une science
systèmique ultramoderne qui intègre
de façon bien plus intelligente la notion de complexité
: les formes d'agriculture durable naturelles se soucient à
la fois de performance économique de bien être
animal, et du respect de l'environnement.
Science
pour l'élite ou science populaire ?
Le high-tech
exige très souvent un savoir très pointu
quasiment inaccessible à Monsieur tout le
monde. Avec quelles conséquences ? Une incompréhension
progressive s'instaure entre les scientifiques et les citoyens (y
compris les élites publiques !), qui comprennent
de moins en moins le sens de certaines recherches de pointe.
Les connaissances low-tech
sont beaucoup plus accessibles à quiconque :
une maison bioclimatique, un jardin potager sont réalisables
avec des connaissances bien plus abordables que celles nécessitant
la création d'une maison « domotisée »,
ou les technologies OGM.
-
Science du risque ou science
de l'harmonie ?
Le high-tech est fasciné
par la nouveauté à tout prix, le
désir inconscient de ne pas imiter la nature,
et la vision naïve que seule la technologie
fera le bonheur de l'homme.
Il nous a aussi habitué à considérer
le risque comme un moteur de l'innovation. Pour quels résultats ?
Chaque année 1000 nouveaux produits de synthèse
sont lancés sur le marché mondial. Une fraction
négligeable - 100, 200 peut-être - est testée
avant la mise sur le marché, et seulement pour une partie
de leurs effets possibles… (1)
En attendant, les allergies sont en train de devenir
un des problèmes sanitaires majeurs de notre époque.
Le low-tech intègre
dans ses gènes conceptuels le fameux principe de
précaution : comme la nature, il utilise des
« briques » éprouvées pour construire
de nouvelles applications : par exemple, combinaison de molécules
naturelles végétales pour imaginer
de nouveaux parfums…
L'écosystème « nature »
ayant appris à reconnaître ces molécules
de base, le risque de nuisance sanitaire ou environnementale est
beaucoup moindre…
-
2 sciences
opposées ?
High-tech
et low-tech, au-delà de leurs différences
profondes, ont aussi des richesses communes à partager :
Selon nous, le plus grand apport du high-tech (et
de la société dite « moderne »
en général), réside surtout dans son audace
conceptuelle, et le respect de l'individualité créative :
elle est le reflet d'une humanité qui sort de l'enfance,
et apprend son indépendance par la création
de ses propres lois. Ce grand projet d'espèce,
certainement voulu (« programmé » diront
certains) par Dame Nature elle-même, ne doit pas faire oublier
une loi cosmique universelle : puissance de création
égale aussi responsabilité…
(2)
Cette prise de conscience des conséquences
profondes de ses actes est une des grandes qualité du low-tech :
sa vision systèmique, respectueuse d'une
vision plus complexe de la vie, incite à la création
de technologies saines qui empêchent que la société
humaine ne soit détruite à plus ou moins longue échéance
par ses propres créations technologiques.
Mais cette science ne doit pas non plus enfermer
l'homme dans des règles de vies immuables :
avoir le pouvoir de vivre la nuit grâce à l'électricité
(une création high-tech !) est, dans ce sens, non pas un
rejet des lois de la nature, mais plutôt une utilisation intelligente
du pouvoir créatif de l'espèce humaine, qui voit ainsi
ses champs d'expression s'élargir, sans
pour autant (lorsque l'énergie utilisée pour cela
est « propre ») pénaliser le droit
à l'existence des autres formes de vies..
Le low-tech peut aussi puiser dans
certaines découvertes high-tech, comme les biotechnologies,
pour résoudre des problèmes insolubles autrement (par
exemple, remplacer les circuits électroniques, extrêmement
polluants, par des « biochips »). Dans ce
cas là il s'attachera à ne pas produire
des formes de vies artificielles esclaves de l'homme (le grand danger
actuellement, comme les « chimères »
OGM) mais plutôt des matières organiques inertes cultivées
le plus naturellement possible.
VIVRE ET PENSER LOW-TECH DÈS AUJOURD'HUI
Le low-tech est d'abord une autre relation
au monde et à nous-même. Il s'attarde en priorité
à comprendre cette forme de vie complexe qu'est
l'espèce humaine. Il utilise positivement les facultés technologiques
de l'homme au service d'une intelligence globale de la
vie qui inclue la raison, l'émotion et l'éthique. Il cherche
non pas à opposer l'homme et la nature mais à préserver
et renforcer les liens d'harmonies qui les lient. Préoccupé
par le sens d'une création plutôt que par
sa concrétisation matérielle, il privilégie
l'innovation sociale à l'innovation tehnologique ; il s'inspire
en priorité de réalisation anciennes mais éprouvées.
Cette révolution conceptuelle est d'autant plus passionnante
qu'elle n'est pas réservée à une élite scientiste.
Chacun de nous peut participer à cette nouvelle
approche, en étant soi-même un outil et un acteur de sa propre
liberté..
Vous privilégiez l'escalier par rapport à
l'ascenseur ? La révolution low-tech n"attend
que vous.
Sauveur Fernandez,
44 ans, est consultant en communication et innovation responsables. Fondateur
de l'écoprospective, une méthodologie prospectiviste pour
imaginer et inciter à un futur plus solidaire. En
savoir plus
(1) Extrait du journal Politis « Bombes
à retardement », jeudi 26 novembre 2000, page 29.
(2) Cette conviction d'une humanité
qui apprend à devenir adulte en établissant ses propres
lois est celle de penseurs français contemporains tels que Edgar
Morin, Marcel Gauchet, etc.
Tous les articles sur les sciences
et technologies
par ordre de lecture recommandé
La tentation de l'inceste
de civilisation : notre époque, amoureuse d'elle-même
et de sa technologie, ignore superbement les autres formes de vie : nous vivons
un inceste de civilisation.
Low-tech : la deuxième
technologique (1re partie) : une autre voie technologique
existe, qui peut nous éviter de choisir entre confort de vie et société
du risque. Historique des sciences et technologies low-tech.
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