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Écoprospective Éco-innovation Sur le gril En savoir plus |
Voir Autrement Pour ou contre Première parution dans le magazine Nature et progrès, n° 36, juillet-août 2002. Version complète et exclusive sur Internet. Novembre 2002
Contre Par Jean-Marc Wallut, secrétaire de l'ADENL Avant d’entrer dans le débat, il me paraît nécessaire de faire quelques rappels sur le développement éolien français : n’oublions pas en effet que les éoliennes atteignent aujourd’hui une hauteur courante de 120 mètres, soit celle d’un immeuble de 40 étages. Que les constructeurs danois développent une nouvelle génération d’éoliennes allant de 200 à 250 mètres de hauteur ! Que les promoteurs recherchent des sites élevés, avec une proximité d’accès au réseau EDF qui sont donc proches des habitations. Enfin, que les éoliennes sont placées pour 40 ans et qu’elles clignotent la nuit. Pour ce qui est du bruit, les éoliennes ne sont pas en reste : le vent dans les pales produit un sifflement et le passage des pales à proximité du mat provoque un battement démultiplié par le nombre d’éoliennes présentes sur le site. Ce bruit, porté par le vent, se propage jour et nuit. Les sites éoliens en France regroupant aujourd’hui 10 à 40 éoliennes, je vous laisse imaginer la nuisance sonore occasionnée par de tels parcs. D’autant que l’on peut se demander combien d’éoliennes seront parquées dans les nouvelles zones ? De 100 à 5000 comme aux USA ? De quelle superficie seront ces zones ? La décision d’implantation d’éoliennes dépend de la signature du permis de construire. L’accord est donné par le maire et le préfet. Aucune concertation locale n’est exigée. Depuis le 22 juin 2001, nos dirigeants ont joué aux apprentis sorciers du libéralisme en décidant d’imposer le rachat du KWh éolien à 55 centimes de Franc par EDF (précédemment à 31 centimes), sans aucune mesure d’accompagnement ni d’encadrement. Cette directive « a fait l'effet d’un os donné à une meute de chiens » (dixit un promoteur). Les conséquences sur le terrain sont
légions
Trois questions sur l’éolien Faut-il tout miser sur cette seule énergie renouvelable ? Deux députés, l’un UDF, l’autre PS, ont rédigé un rapport parlementaire en 2001 qui démontre que non. D’autres solutions seraient plus efficaces : biomasse, solaire thermique, pile à combustible… A quoi servira l’augmentation prochaine de notre facture EDF ? Elle financera la facture éolienne. En clair, cet argent qui aurait dû aider à développer des solutions efficaces pour lutter contre l’effet de serre sera détourné dans les poches des promoteurs d’éolien avertis du bon coup financier. En conclusion, avec un tel bilan, implanter de grandes zones éoliennes sans résoudre les problèmes actuels serait une fuite en avant désastreuse. J’ajouterai un dernier mot sur les éoliennes en mer (offshore). Elles sont plus efficaces et offrent moins de nuisance. Alors, Messieurs les promoteurs, des projets en mer décidés – j’insiste – dans un cadre de concertation et de transparence, sont une solution de compromis. S’il est vrai qu’ils coûtent un peu plus cher à l’installation, nos belles régions ventées méritent bien cet effort.
Pour Par Jean-Louis Bal, de la direction du Bâtiment et des Énergies Renouvelables, ADEME Développer l’utilisation de l’énergie du vent dans notre pays n’est pas une réponse passagère à une mode qui changera dans quelques années. C’est une politique gouvernementale qui répond à plusieurs objectifs, principalement énergétiques et environnementaux mais aussi industriels et sociaux. La France devra dans la décennie à venir investir dans de nouvelles productions d’électricité. Si elle reste aujourd’hui largement exportatrice d’électricité, l’augmentation continue de sa consommation devrait la rendre importatrice bien avant 2010. D’autre part, dans le cadre du Protocole de Kyoto, la France doit ramener en 2008-2012 ses émissions de gaz carbonique à leur niveau de 1990. Or, les trois principaux secteurs dont les émissions ont une tendance à la hausse sont les transports, le bâtiment et la production d’électricité. En matière d’électricité, il faut donc réduire la consommation par une politique de maîtrise de la demande d’électricité et investir dans des moyens de production qui n’émettent pas de gaz carbonique. Mais même avec une politique dynamique de maîtrise de la demande, la consommation va continuer à croître. Il faut donc agir aussi sur l’offre. Sur ce plan, le choix doit se faire entre nucléaire et renouvelables. Dans un souci de diversification de ses approvisionnements en énergie, le gouvernement français a fait le choix de ces dernières, malgré le handicap de compétitivité auquel elles doivent encore faire face du fait du peu de soutien reçu ces dernières décennies.
Parmi les diverses filières technologiques, l’énergie éolienne est la plus avancée sur le plan économique et technologique. De plus la France est pourvue d’une excellente ressource en énergie éolienne, la deuxième en Europe après le Royaume-Uni, tant sur terre qu’en mer. Sur ces bases, le gouvernement français s’est engagé dans le cadre de la directive européenne sur l’électricité renouvelable à faire passer la part des renouvelables dans la consommation nationale d’électricité de 15 % en 1997 à 21 % en 2010. L’effort à faire dans le domaine de l’électricité renouvelable sera donc considérable même en faisant un effort équivalent en maîtrise de la demande. Ce développement, en cours de l’électricité éolienne aura d’autres retombées. L’industrie, malgré le faible développement actuel français, emploie déjà environ 500 personnes de haute qualification et les perspectives sont enthousiasmantes, notamment dans le domaine de l’électronique de puissance et des matériaux composites où la France détient un incontestable savoir-faire. Ce développement contribuera aussi à redistribuer des ressources financières dans des petites communes rurales qui ont actuellement très peu de ressources : la part de la taxe professionnelle perçue par la commune est d’environ 6 à 7.000 euros par an et par MW, ce qui peut souvent doubler leur budget. La population française est très favorable à l'éolien. Dans les communes de l’Aude où existent déjà des parcs éoliens, elle l’apprécie plus encore que la moyenne nationale : 98 % sont en faveur du développement de l’énergie éolienne dans les communes où sont déjà implantés des parcs éoliens contre 95 % dans l’ensemble de la France. Quelles sont maintenant les nuisances supposées de l’énergie éolienne ? Les plus souvent citées sont le bruit, la destruction du milieu naturel, notamment des oiseaux, et l’impact paysager. Le bruit d’une éolienne moderne, pour lequel existe une réglementation, est de 45 décibels à 300 m de distance. Précisons, pour ceux que ce chiffre effraierait, qu’il s’agit là du niveau sonore dans un bureau calme et que, dès que la vitesse du vent dépasse 8m/sec c'est-à-dire très souvent sur les sites où l’on implante des éoliennes, le bruit du vent couvre celui de l’éolienne. Faut-il pour autant interdire le bruit du vent ? Les retours d’expériences venant des nombreuses fermes éoliennes implantées en France ou à l’étranger montrent que le nombre d’oiseaux tués varie entre 0.2 et 0.8 par an et par machine. C’est certes encore trop, mais c’est plusieurs dizaines de milliers de fois moins que les lignes électriques ou les autoroutes. Néanmoins, l’impact possible d’un parc éolien sur l’avifaune est un des points essentiels étudiés dans l’obligatoire étude d’impact préalable à la délivrance d’un permis de construire. Tous les impacts sur le milieu naturel sont mesurés à cette occasion. En ce qui concerne le paysage, il faut bien convenir qu’il s’agit là d’un élément subjectif même s’il existe des méthodes permettant de minimiser l’impact paysager. Le tarif d’achat actuel permet d’ailleurs de s’affranchir de la contrainte de recherche à tout prix du meilleur gisement éolien qui se situe toujours sur les crêtes et, donc, sur des sites bien en vue. Rappelons qu’un parc éolien peut être démantelé sans problème en fin de vie si la population riveraine le désirait. L’énergie éolienne ne se développera pas contre l’avis des populations directement concernées. C’est dans cette optique que le gouvernement devrait annoncer prochainement l’obligation d’enquête publique à partir d’un seuil de 2.5 MW, soit 2 ou 3 machines modernes. Cette procédure aura l’avantage de donner la parole à tous les riverains y compris ceux qui jusqu’à ce jour ne possédaient pas de moyens d’expression efficaces. La poursuite du développement de l’éolien sera un bel exercice de démocratie.
Annexe Arguments « pour » : ADEME : 27, rue louis Vicat – 75015 PARIS. http://www.ademe.fr Arguments « contre » : pour toute information complémentaire, visitez le site : www.eoliennes.net, ou écrivez à l' ADENL (Association de Défense de l’Environnement en Nord Lauragais) la Pendude 11320 MONTMAUR. En savoir plus Notes de l'éconovateur : l'article « contre » n'évoque pas un autre argument possible contre l'installation de grandes éoliennes terrestres : les petites éoliennes. Voir l'article suivant : « Les raisons pour choisir une grande et une petite éolienne ».
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