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Les vrais points faibles
Le constat Les faiblesses "naturelles"
des démocraties Ce "respect" du peuple en général, et de chaque individu en particulier entraîne une notion nouvelle en regard de l'histoire : le droit sacré à l'individualité. Il est facile de comprendre à ce point que la démocratie n'est pas un droit mais un acquis fragile. Ce qui fait sa force est sa légitimité, le respect de chacun, est aussi son plus grand point faible : les "terroristes" l'ont bien compris : il est bien plus facile de se "fondre" dans une démocratie et d'y fomenter des attentats que dans certains pays communistes ou États-dictatures. Évidemment, l'Occident n'applique pas une démocratie parfaite, surtout dans sa politique étrangère (comme nous allons le voir ultérieurement). Cependant, dans les pays économiquement riches, son enracinement y est suffisamment concret pour que ce constat reste valable. Les forces cachées La quête démocratique n'est donc pas la recherche utopique d'une meilleure humanité, condamnée à disparaître face à des "forces du mal" impossible à combattre. Les vrais points faibles de l'Occident sont ailleurs. Un modèle économique
de production dangereux Les attaques américaines ont de plus révélé
la vulnérabilité des centrales nucléaires faces à
des menaces "terroristes" éventuelles (la France, avec
ses 58 "points mortels d'énergie", est à cet égard
particulièrement en danger). (2)
Le point commun de toutes ces crises et points faibles est l'extrême fragilité du mode de production économique de notre société (3) : aujourd'hui, une seule usine peut fournir des millions de consommateurs : par exemple, 1 bière sur 3 consommée en France provient de l'usine K2 d'Obernai près de Strasbourg. Que survienne un incident sanitaire en début de chaîne, et des millions de consommateurs sont menacés. À ces effets secondaires "imprévus"
générés au nom d'une hyper-rationalité économique,
s'ajoute la menace "terroriste" : les actes de violences
contre la société deviennent soudainement plus faciles,
avec des moyens limités en égard des résultats
obtenus : La face sombre des nouveaux choix
de société Utilisant la génétique et le génie bio-moléculaire, elles pourront, par exemple, cibler une population, être indécelables, ou immuniser l'agresseur et ne plus être réservées aux seules grandes puissances. (4) La globalisation actuelle de l'économie n'arrangera pas les choses : nos modes de productions, véritables passoires à risques s'étendent rapidement au monde entier L'égoïsme de la mondialisation
de notre système économique Quand aux familles ruinées, elles iront grossir les producteurs de champs de marijuana ou de cocaïne, ou serviront de viviers humains pour les "terroristes". Les vertus démocratiques de l'Occident s'arrêteraient-elles là où commence l'économie globale ? La perte inexorable de nos liens
sociaux Une conséquence peu connue, de cette "indifférence
sociale", en matière de sécurité civile, est
la grande facilité à laquelle un individu ou un petit groupe
mal intentionnés peuvent se "fondre" dans une population
sans être repérés. Cette "furtivité"
est souvent confondue, à tort, avec notre sacro-saint principe
de liberté individuelle : Conclusion : agir pour promouvoir
d'autres modes de production et restaurer de meilleurs rapports sociaux Curieusement, les combats menés par de multiples associations et organismes pour promouvoir la démocratie locale, les énergies renouvelables, l'alimentation biologique, les médecines alternatives, et le resserrement des liens sociaux (repas de quartier, entraide, jardins sociaux, démocratie locale ) trouvent des raisons autres que sanitaires, environnementales ou sociales pour être menées. Ces nouveaux modes de société alternatifs, en mettant l'accent sur les liens sociaux, la production locale et la décentralisation de l'économie, renforcent aussi nos sociétés face aux violences et agressions. Imaginons, pour reprendre l'exemple de la bière, des milliers de petits producteurs locaux, au lieu de quelques méga-usines : les possibilités de contaminations sanitaires ou de violences humaines sont bien moindres. Pour les énergies renouvelables, la décentralisation énergétique qui devrait accompagner leur développement, éviterait de trop concentrer les sources énergétiques, en particulier nucléaires Quand aux liens sociaux, une société plus soucieuse d'augmenter les rapports humains que son pouvoir sur la nature ou sur elle-même (technoscience) tendrait à moins confondre indifférence et liberté, et éviterait plus sûrement l'apparition de voix mineures désespérées, prêtes à tout pour se faire entendre. Si une guerre doit être menée, l'ennemi à combattre est d'abord notre égoïsme. Bibliographie/En savoir plus : (1) Un article avec de bonnes réflexions sur les principes démocratiques : "Tocqueville, l'aristo démocrate" Alternatives Économiques, n°188, janvier 2001, page 81. Pour une critique intelligente et constructive des principes démocratiques, lire "Pourquoi je suis devenu moyennement démocrate", de Vladimir Volkoff. (2) Menaces
terroristes sur les centrales nucléaires US, le point
Un article de Mat Bivens - The Nation (anglais), septembre 2001. (3) Un article sur les dérives agro-alimentaires d'un excès de productivité : "Du poison dans nos assiettes", Marianne, du 11 au 19 septembre 1999. (4) Un livre intéressant sur les armes secrètes : "Les armes de l'ombre". De Marc FILTERMAN, Collection Cicéron, 2000
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