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Voir autrement La tentation de l'inceste 15 août 2001 - Révisé
le 1 décembre 2002
En route vers l'ère biolithique La race humaine serait donc destinée à augmenter toujours plus les potentialités de ses cinq sens (concept de réalité augmenté), à s'auto-transformer profondément (manipulations génétiques) et à former finalement un méta-réseau humain la transformant ainsi en un super organisme doté de sa propre vie, constituant selon certains techno-prospectivistes le stade ultime de l'évolution humaine (concept de l'homme neuronal). (2) Cette « techno-cybervision » s'est largement démocratisée avec la vague de romans de science-fiction cyberpunk (date historique : la sortie en 1986 du livre « Neuromancien » de William Gibson). Elle pénètre de plus en plus dans le champ grand public avec des magazines tels que Wired aux États-Unis. Conjointement avec l'individualisme proné par une société démocratique et libérale (l'individu peut tout), elle-même transformée de plus en plus en société de marché ultra-libérale, un puissant modificateur de pensée est mondialement en route, qui façonne littéralement le futur de la planète entière L'homme amoureux de lui-même :
les prémisses actuels Nous assistons en fait à une sorte d'animisme dévoyé : les peuples dits primitifs ou premiers ont toujours reconnu derrière chaque objet la manifestation d'une force vitale considérée comme émanant directement de la nature, et qu'ils respectaient et souvent adoraient. Mais aujourd'hui la fascination que nous portons à nos objets (en nourrissant nos tamagoshis par exemple) non plus création de la nature, mais de nous même nous éloigne toujours plus des autres formes de vie, alors qu'elle devrait nous en rapprocher. Au-delà de l'inceste civilisateur
: créer un univers ou l'homme serait Dieu, maître de toutes
choses Il est naturel de concevoir l'homme en perpétuelle évolution (nous ne sommes plus au temps des cavernes), et nous ne doutons pas personnellement que notre espèce puisse être susceptible d'être grandement améliorée, au vu des guerres actuelles, et des plus de 800 millions de mal-nourris sur la planète.
Cependant, il y a évolution et évolution : la techno-pensée ne compte pas contribuer à la compréhension respectueuse des autres formes de vie, et à l'intégration harmonieuse de l'espèce humaine avec celles-ci. Elle cherche surtout à décupler les facultés technologiques de l'homme, afin d'aider celui-ci non seulement à accroître son contrôle sur les éléments naturels et les espèces vivantes, mais aussi – finalité ultime – à créer un environnement artificiel entièrement prévu pour lui, et conçu par lui. L'homme, devenu créateur et maître de chaque forme de vie contenue dans ce monde-prothèse en cours d'élaboration (OGM…), aura ainsi concrétisé son but ultime : devenir Dieu à la place de Dieu. Faut-il oui ou non « augmenter »
nos cinq sens ? 5 sens « normaux » suffisent à remplir leur véritable tâche, à savoir la découverte de l'autre (humains et autres formes de vie) et l'enrichissement mutuel. Devenir meilleur grâce à l'autre, et avec l'autre L'acharnement à vouloir améliorer constamment nos perceptions sensorielles nous fait aussi passer à côté d'autres possibilités étonnantes de notre cerveau, de terrains d'aventures psychiques innés explorés depuis bien longtemps par les soufistes de Turquie, chamans de Sibérie ou aborigènes d'Australie. Jean LAMAURIE, auteur des « Derniers rois de Thulé » et créateur de la collection « Terre humaine », constate justement : « Les premiers peuples arctiques ont dix mille ans. Ils savent lire la nature avec leur 5 sens ». Doit-on manipuler notre programme
génétique ? Que penser du concept de cyber-organisme
? Le seul problème est que, bien qu'intégrant tous ces concepts, le cyber-organisme ne se nourrit et ne grandit que par l'homme et lui seul. Les autres formes de voie disparaissent de son projets évolutif ou sont réduites à des rôles d'assistants de l'espèce humaine Une écologie dévoyée en quelque sorte Vers quoi sommes nous vraiment
destinés ? Nous vivons entourés de centaines de milliers d'espèces et partageons avec elles la même planète. Les sciences de l'écologie et du comportement animal et humain (éthologie, sociobiologie…) nous ont beaucoup appris : entre autre que toutes les espèces participent à l'élaboration de ce monde et que beaucoup d'animaux sont capables d'émotions, possèdent un véritable langage, et même l'art de transmettre de l'information à travers les générations (ce qui était considéré depuis peu encore comme un privilège humain ). Nous représentons un pourcentage infime de cette somme de vie : le vrai but ne serait-il pas la découverte de soi par la découverte et l'échange avec d'autres formes de vie, notamment en utilisant les pouvoirs psychiques latents de notre cerveau et en s'obligeant au respect de la vie sous toutes ses formes ? Les contres forces
L'heure du choix Nous devons nous convaincre que la trop grande fascination que nos pouvoirs innés de création technologique exercent sur nous, le détachement fatal que nous éprouvons face à un environnement vivant, perçu d'abord comme propriété de l'homme, ne sont pas des processus irréversibles de choix de civilisation : il appartient à chacun de participer à une prise de conscience collective, et, surtout, de choisir quelle manière de penser le monde nous voulons léguer à nos enfants. Une civilisation avertie en vaut deux. Bibliographie (1) « L'artificiel»,
Hors-série de la revue « Science et avenir »
n° 116, Novembre 1998 (2) « L'homme symbiotique »
de Joël de Rosnay, Éditions du Seuil, Paris 1995 – Voir aussi Le site de l'institut d'Extropie et de Max Moore, son fondateur. : un des hauts lieux actuels de la cyber-techno-pensée. Quand l'eugénisme pointe le bout de son nez (3) Pour en savoir plus sur les nouveaux paradigmes de la science, et les liens qui la lient dorénavant aux pensées traditionnelles, lire un excellent livre qui fait la synthèse sur le sujet : « Sciences et archétypes : fragments philosophiques pour un réenchantement du monde », de Mohammed Taleb, éditions Dervy, 2002, 20 euros.
En savoir plus High-tech : bienvenue en technotopie : nos façons de concevoir le progrès et la place supérieure que nous nous attribuons au sein de l'univers résultent d'un conditionnement culturel occidental vieux de plusieurs millénaires. L'écoprospective : une méthode prospectiviste qui privilégie une vision responsable du futur. Liens choisis sur l'écoprospective. Lire
une synthèse « La peur de la nature »,
de François Terrasson, Éd. Sang de la terre, 1997. Ce
livre plonge directement dans notre inconscient, et extrait les causes
véritables du rapport amour-haine que l'homme entretient depuis
toujours avec la nature
« La plus belle histoire des
plantes », « La plus belle histoire des animaux »,
éd. Seuil, 1999
Tous les articles sur les
sciences et technologies La tentation de l'inceste de civilisation : notre époque, amoureuse d'elle-même et de sa technologie, ignore superbement les autres formes de vie : nous vivons un inceste de civilisation. High-tech : bienvenue en technotopie (1re partie) : le progrès technologique, au-delà de ses bienfaits indéniables, provoque aussi des crises multi-sectorielles dangereuses… High-tech : bienvenue en technotopie (2me partie et fin) : la face sombre de la technocroyance, et ses conséquences. Low-tech : la deuxième technologique (1re partie) : une autre voie technologique existe, qui peut nous éviter de choisir entre confort de vie et société du risque. Historique des sciences et technologies low-tech. Low-tech : la deuxième voie technologique (2me partie) : définition et exemples. Low-tech : la deuxième technologique (3me partie) : les 4 points fondamentaux du low-tech. Low-tech : la deuxième voie technologique (4me partie) : les obstacles au low-tech. Low-tech : la deuxième voie technologique (5me partie et fin) : low-tech versus high-tech, vivre et penser low-tech dès aujourd'hui.
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