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Écoprospective Éco-innovation Sur le gril En savoir plus |
William McDonough :
Enfant de la Révolution Industrielle Naissance au Japon, enfance à Hong-Kong, études aux États-Unis, premier travail en Allemagne, William McDonough collectionne les voyages et les honneurs. Deux diplômes des meilleures universités américaines, un talent certain pour le design, quinze prix darchitecture ces douze dernières années. Sa réputation «darchitecte écolo» sera établie lorsquen rentrant dIrlande, il annoncera la création de sa première maison chauffée au soleil, dans les années 70. À lheure quil est, universitaires, maires, élus locaux, patrons de multinationales, tous lui demandent conseil. Ses réalisations sont ses meilleurs apôtres. Pour la construction des bureaux de lentreprise Gap, un concept révolutionnaire de climatisation naturelle fut mis en place avec lutilisation de lair frais nocturne pour préclimatiser les locaux. Pour les entrepôts de Wal-Mart, il fit profiter les employés autant que les promeneurs des rayons du soleil. Pour la Faculté des sciences dOberlin, dans lOhio, il instaura une structure féconde, «capable de purifier son eau et produire de loxygène et de la nourriture.» Idées dutopiste ? Ses écoconcepts, encore avant-gardistes, sont le fruit dune longue expérience industrielle : lui qui profitait jusqualors de léclairage artificiel remarqua la pollution nécessaire à la production dénergie. Lui qui aimait la balade en campagne se sentit offensé par le pillage des arbres de lOhio. Lui qui appréciait les communautés de voisins fut touché par lindividualisme des bureaux. Lenfant de la Révolution Industrielle poursuivi sa carrière par la conception de gels non toxiques, de poupées sans PVC, demballages de yaourts biodégradables Bâtiments bio : nouvelle ère On comprend que peu importent les dégâts causés aux forêts tant que les bois extraits sont abordables. Larchitecture, comme tout autre secteur industriel, veut tant et si bien être profitable quelle en oublie les règles essentielles. William McDonough en a décidé autrement. Pour lui, le marchandage entre esthétique et écologique est un faux problème. Idem pour larbitrage entre coûts et acceptation sociale. Lauteur du «Renouveau de la Révolution Industrielle» préconise un «retour aux fondamentaux de larchitecture qui donnent des principes simples tels que : ne jamais construire une maison sans une ombre vers le sud.».
Dans toutes ses réalisations, le système daération utilise le vent, le chauffage provient du soleil, un programme dabattement du bois est soigneusement étudié pour prévenir du pillage des forêts, la lumière du jour est préférée à la lumière des abats-jours. La liste est longue Quand les déchets deviennent
nourriture Pour les produits organiques (alimentation, fibres naturelles ), la conséquence est plutôt simple : s'assurer qu'ils retournent bien à la terre, comme nutriment, et non dans les décharges. Pour les produits techniques (voitures, ordinateurs ), au recyclage difficile, voire impossible, le raisonnement est proche de la conception modulaire : les «légos» géants, une fois inutilisés, reviennent à leur propriétaire initial, le fabricant, qui se charge de démanteler les éléments pour approvisionner d'autres cycles industriels. Conçus sur ce mode, les batiments ne seront plus abandonnés ou considérés comme des déchets une fois délaissés : certains de leurs élèments serviront à d'autres constructions. Un pied dedans, un pied dehors La vie sociale se renforce dans ces «catalyseurs de civilité». William McDonough a fait pour lindustrie ce que les designers Michael et Judy Corbett ont fait pour les résidences. Leur «Village Home» incorpore les nombreuses exigences du confort urbain aux besoins écologiques. Le résultat est un ensemble dhabitations capables de subvenir à leurs propres besoins en énergie, tout en purifiant leur air avec, de-ci de-là, des espaces de production de nourriture. Ici, on ne raisonne plus à léchelle de lindividu, on évalue sa conduite suivant limpact causé à la nature, et indirectement, aux autres. «Prudemment optimiste» Maintenant que la société lui donne raison, il sinquiète du retour de bâton dune trop stricte réglementation environnementale. «Penser quil ne pourrait y avoir quun style international est une plaisanterie, cest même dangereux.» Une régulation plus libertaire donnerait selon lui, de meilleures résultats. Les entreprises qui doivent diminuer leurs émissions polluantes auraient plus de libertés pour trouver des solutions. Létudiant, décrit par ses camarades décole comme étant un type un peu étrange soucieux de bien fermer les robinets et prêchant les douches courtes, se dit «prudemment optimiste.» Il reste à 48 ans un anarchiste innocent, au langage raffiné, mais novateur. Mi-vert mi-rose, ce «visionnaire qui parle comme un communiste, pense comme un ploutocrate, et agit comme un écologiste», résiste aux sirènes de la notoriété. Ou peut-être est-il simplement amoureux de la Terre ? - Thuan
Huynh - En savoir plus Le site personnel de William McDonough. Le site de son cabinet décoconception. Son article sur la Nouvelle Révolution Industrielle (en anglais). Présentation de Centre dEtudes Environnementales, à Oberlin, dans lOhio. Synthèse du magazine français "La Maison Écologique", consacré à l'éco-construction.
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