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Habitat  Février 2002

William McDonough :
quand les déchets deviennent nourriture

portrait deWilliam McDonoughLa Terre sera ce que nous en faisons. William McDonough ne le sait que trop bien. Architecte designer américain de renommée internationale, ce quadragénaire révolutionne notamment la notion de déchet dans les métiers de l’architecture et du design.

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Enfant de la Révolution Industrielle
Promu «Héros de la Planète» par le magazine Time en 1999, cet ancien activiste de GreenPeace garde la tête sur les épaules. «Ce que nous essayons de faire est d’équilibrer écologie, équité sociale et économie.» C’est si simple, encore fallait-il y penser.

Naissance au Japon, enfance à Hong-Kong, études aux États-Unis, premier travail en Allemagne, William McDonough collectionne les voyages et les honneurs. Deux diplômes des meilleures universités américaines, un talent certain pour le design, quinze prix d’architecture ces douze dernières années.

Sa réputation «d’architecte écolo» sera établie lorsqu’en rentrant d’Irlande, il annoncera la création de sa première maison chauffée au soleil, dans les années 70. À l’heure qu’il est, universitaires, maires, élus locaux, patrons de multinationales, tous lui demandent conseil.

Ses réalisations sont ses meilleurs apôtres. Pour la construction des bureaux de l’entreprise Gap, un concept révolutionnaire de climatisation naturelle fut mis en place avec l’utilisation de l’air frais nocturne pour préclimatiser les locaux. Pour les entrepôts de Wal-Mart, il fit profiter les employés autant que les promeneurs des rayons du soleil. Pour la Faculté des sciences d’Oberlin, dans l’Ohio, il instaura une structure féconde, «capable de purifier son eau et produire de l’oxygène et de la nourriture.» Idées d’utopiste ?

Ses écoconcepts, encore avant-gardistes, sont le fruit d’une longue expérience industrielle : lui qui profitait jusqu’alors de l’éclairage artificiel remarqua la pollution nécessaire à la production d’énergie. Lui qui aimait la balade en campagne se sentit offensé par le pillage des arbres de l’Ohio. Lui qui appréciait les communautés de voisins fut touché par l’individualisme des bureaux.

L’enfant de la Révolution Industrielle poursuivi sa carrière par la conception de gels non toxiques, de poupées sans PVC, d’emballages de yaourts biodégradables…

Bâtiments bio : nouvelle ère
Pourquoi l’architecture actuelle tourne-t-elle le dos à l’environnement ? William McDonough considère que les architectes conventionnels, appliquent «habituellement trois critères de base que tout étudiant en design apprend à l’école : coût, performance, esthétique.» En d’autres termes, on peut construire n’importe quoi avec n’importe quoi, du moment que ce soit joli, pas cher, et pratique.

On comprend que peu importent les dégâts causés aux forêts tant que les bois extraits sont abordables. L’architecture, comme tout autre secteur industriel, veut tant et si bien être profitable qu’elle en oublie les règles essentielles.

William McDonough en a décidé autrement. Pour lui, le marchandage entre esthétique et écologique est un faux problème. Idem pour l’arbitrage entre coûts et acceptation sociale. L’auteur du «Renouveau de la Révolution Industrielle» préconise un «retour aux fondamentaux de l’architecture qui donnent des principes simples tels que : ne jamais construire une maison sans une ombre vers le sud.».

"Le système d'aération utilise le vent, le chauffage provient du soleil…"

Dans toutes ses réalisations, le système d’aération utilise le vent, le chauffage provient du soleil, un programme d’abattement du bois est soigneusement étudié pour prévenir du pillage des forêts, la lumière du jour est préférée à la lumière des abats-jours. La liste est longue…

Quand les déchets deviennent nourriture
Sa philosophie entière peut tenir en une seule équation : «déchets = nourriture». Appelé «cradle-to-cradle»(littéralement, d'un berceau à un autre), ce concept s'inspire des écosystèmes naturels : ce qui est rejeté par l'un est réutilisé par l'autre. La notion de déchets disparaît, le danger écologique s'éloigne.

Pour les produits organiques (alimentation, fibres naturelles…), la conséquence est plutôt simple : s'assurer qu'ils retournent bien à la terre, comme nutriment, et non dans les décharges.

Pour les produits techniques (voitures, ordinateurs…), au recyclage difficile, voire impossible, le raisonnement est proche de la conception modulaire : les «légos» géants, une fois inutilisés, reviennent à leur propriétaire initial, le fabricant, qui se charge de démanteler les éléments pour approvisionner d'autres cycles industriels. Conçus sur ce mode, les batiments ne seront plus abandonnés – ou considérés comme des déchets – une fois délaissés  : certains de leurs élèments serviront à d'autres constructions.

Un pied dedans, un pied dehors
L’éco-architecture cherche à rapprocher les hommes de la nature. Les bâtiments ne disparaîtront pas, Adam ne retrouvera pas l’Eden, on cherche simplement la symbiose de l’homme moderne avec son environnement. Les employés peuvent profiter du soleil comme s’ils étaient dehors, le silence est omniprésent malgré les activités humaines. «Les gens ont des pensées saines dans des lieux sains.» Il est vrai qu’avec des bureaux évoquant la nature, la notion de labeur peut se révéler plaisante.

La vie sociale se renforce dans ces «catalyseurs de civilité». William McDonough a fait pour l’industrie ce que les designers Michael et Judy Corbett ont fait pour les résidences. Leur «Village Home» incorpore les nombreuses exigences du confort urbain aux besoins écologiques. Le résultat est un ensemble d’habitations capables de subvenir à leurs propres besoins en énergie, tout en purifiant leur air avec, de-ci de-là, des espaces de production de nourriture. Ici, on ne raisonne plus à l’échelle de l’individu, on évalue sa conduite suivant l’impact causé à la nature, et indirectement, aux autres.

«Prudemment optimiste»
Les temps changent, ses anciens détracteurs deviennent ses nouveaux admirateurs. L’auteur de la « Nouvelle Révolution Industrielle » demeure néanmoins un utopiste conscient des réalités. «Il n’y a pas si longtemps, on me téléphonait pour me demander d’arrêter de relier le travail des designers à la dégradation de l’environnement.»

Maintenant que la société lui donne raison, il s’inquiète du retour de bâton d’une trop stricte réglementation environnementale. «Penser qu’il ne pourrait y avoir qu’un style international est une plaisanterie, c’est même dangereux.» Une régulation plus libertaire donnerait selon lui, de meilleures résultats. Les entreprises qui doivent diminuer leurs émissions polluantes auraient plus de libertés pour trouver des solutions.

L’étudiant, décrit par ses camarades d’école comme étant un type un peu étrange soucieux de bien fermer les robinets et prêchant les douches courtes, se dit «prudemment optimiste.» Il reste à 48 ans un anarchiste innocent, au langage raffiné, mais novateur. Mi-vert mi-rose, ce «visionnaire qui parle comme un communiste, pense comme un ploutocrate, et agit comme un écologiste», résiste aux sirènes de la notoriété. Ou peut-être est-il simplement amoureux de la Terre ?…

- Thuan Huynh -
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En savoir plus

– Le site personnel de William McDonough.

– Le site de son cabinet d’écoconception.

– Son article sur la Nouvelle Révolution Industrielle (en anglais).

– Présentation de Centre d’Etudes Environnementales, à Oberlin, dans l’Ohio.

Synthèse du magazine français "La Maison Écologique", consacré à l'éco-construction.

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Archives : architecture durable, architecture écologique, architecture bioclimatique, éco-habitation, éco-architecture, éco-architectes

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