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Écoprospective minute 15 décembre 2001

Baguette "tradition" clonée
ou
pain unique issu de l'artisan ?

Échangez quelques minutes de lecture contre une prise de conscience salutaire, et contribuez à construire une société plus solidaire.
Bonne affaire, non ?

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Visuel menu avant : pain industriel

Le bon pain est de retour

Depuis quasiment une dizaine d'année les pains de traditions refleurissent sur les étals de nos boulangers.

Campaillette, Banette Tradition, Baguépi, Terramie, Campaillou, Campagrain, leur aspect "ancien", leur goût différent, et leur promesse d'un savoir-faire artisanal retrouvé, commencent à faire oublier la longue hégémonie du triste et fade pain blanc industriel, responsable de la lente érosion de consommation du pain.

Vraiment ?

Malheureusement, tous ces labels ne sont que des pains industriels "relookés" terroirs : la multitude des labels existants autorise paradoxalement beaucoup d'entorses à la "tradition".

Par exemple, le pain de tradition française s'autorise plusieurs additifs pour blanchir le pain et accélérer la fermentation. Les farines fournies par les minotiers industriels sont friandes de conservateurs et autres "améliorants". Leurs blés sont issus au mieux de l'agriculture raisonnée, et la farine obtenue est toujours excessivement raffinée (ce qui lui enlève une bonne partie de sa valeur nutritionnelle).

Quand au levain, autre élément primordial pour un pain "authentique" et responsable en grande partie du goût final, il est désormais "bidouillé" par les biotechnologies pour allier soi-disant vitesse et goût. Quand il n'est pas purement et simplement remplacé par des arômes spécifiques et de la simple levure…

Les "Fournils de X" ou "Pétrins de "Y" remplacent de plus en plus les boulangeries traditionnelles. Que cachent leur appellation sympathique ? Ce sont en fait de simples terminaux de cuissons qui se content de réchauffer des livraisons industrielles congelées… La bonne odeur à la sortie du four et une décoration "artisanale" du magasin étant là pour faire illusion.

Les pièges ne manquent décidément pas : la recherche du vrai pain est-elle désormais condamnée ?

visuel menu après : produits terroirs, boulangeries artisanales, pain complet, pains artisanaux


Fort heureusement la prise de conscience de quelques règles de bases peuvent nous faire définitivement retrouver le vrai goût du pain, et nous éviter un futur fait d'artifices et d'industrialisation à outrance :

Les terminaux de cuissons, grandes surfaces et boulangeries affiliées à la grande distribution, tu éviteras
Tous ces points de ventes tuent progressivement les petits artisans, favorisent la concentration économique et le chômage, provoquent une banalisation du goût (la Campaillette à Nîmes, Lilles, ou Rennes, comme c'est triste), contribuent à affaiblir la valeur nutritive du pain (additifs, conservateurs, agriculture industrielle), et augmentent les risques industriels de fabrication (certaines usines produisent plusieurs dizaines de tonnes de pain par jour).

Le boulanger de quartier impliqué tu rechercheras
Faites l'effort de repérer l'artisan local amoureux de son métier : celui-ci créé lui même ses propres spécialités, remet à l'honneur les recettes anciennes locales, refuse les faux pains traditions "clonés". Il emploie des farines biologiques issues d'une minoterie locale, privilégie le levain naturel, et fini ses patons à la main.

Fidèle tu lui seras
Une fois la perle rare dénichée, soyez constant dans vos achats, et acceptez de payer votre pain un peu plus cher (les prix sont libres en France). Apprenez aussi à connaître votre boulanger(e) et à échanger de temps à autre quelques mots. Une des fonction du commerce de rue, c'est aussi le contact social.

Exigeant tu seras
Si votre artisan boulanger, ne respecte pas tout à fait les conditions ci-dessus (farines non biologiques, four rotatif…), pas de panique : encouragez-le à toujours mieux faire, et faites lui comprendre que sa survie dépend d'une chose toute simple que malheureusement les industriels et les professionnels du marketing de masse ne comprennent pas encore : le consommateur, de plus en plus averti, veut désormais de la vraie qualité.

- Sauveur Fernandez -

 

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