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Nouvelles du futur 2028, le
nouveau visage Avril 2003
Le petit CafCer du matin Les dernières statistiques régionales et internationales du marché professionnel de la cosméto s’égrènent, bercées par la douce voix de synthèse féminine, mâtinée d’accent provençal : « Pour les produits de consommation courante, la part obligatoire des ingrédients de base locaux a encore globalement augmenté (fabriqués à moins de 100 km des unités de production), ainsi que la part des produits finis commercialisés localement (à moins de 500 km)… Quant aux produits destinés à l’international, ils voient leur agrémentation spéciale renforcée… L’engouement pour les produits « exotiques » réservés aux occasions spéciales (cadeaux…) ou à la cosméto-thérapeutique, se maintient très honorablement, malgré des tarifs de vente plus élevés…».
La voix de synthèse s’interrompt pour signaler à Hugo un message visiophoné prioritaire. La journée commence ! « Allô, oui… Ah ! Salut Dom, alors,
tu les as mes pulmonaires ? Ça presse, je voudrais passer à
la production rapidement pour préparer mon salon d’automne…
Oui, c’est vrai que vous avez manqué d’eau, là-haut.
Sinon, j’ai d’autres idées sur tes plantes locales
que je pourrais valoriser en cosméto-soin, mais
il faut encore que nous allions sur le terrain rencontrer un rebouteux,
un vieux berger et une herboriste qui
vont nous aider à optimiser leur valeur thérapeutique et
cosmétique. Ah, il faut que je te laisse : mon rendez-vous
vient d’arriver plus tôt que prévu. Ciao, pense à
mes plantes. »
Discussion animée – Bonjour, Hugo, content de te voir : là bas, c’est la pleine saison des cueillettes de plantes sauvages pour la parfumerie. Ça sent bon partout ! – Nos cueilleurs de plantes aussi sont sur le qui-vive ! Tant mieux. L’empreinte vitale des plantes sauvages rustiques est effectivement plus puissante. Dommage qu’on ne puisse pas faire que de la cueillette, parce qu’on épuiserait les ressources de la planète en une génération ! – Sinon, nous avons un petit problème à régler : notre médecin traditionnel de village, c’est vrai, connaît encore bien des choses inestimables sur la vitalité des plantes en fonction des saisons, etc. Mais par contre, il a des lacunes en conservation des crèmes ! On aura sérieusement besoin de tes compétences, parce que chez nous, tu le sais bien, il fait chaud… – Ça… En fait, il n’y a pas de miracle : petites doses et frigo ! Si vous continuez notamment à équiper vos locaux en clim’nat, tout ira bien. Mais entendu, je viendrai vous aider. On a bien avancé, sur la conservation, depuis le tournant du siècle. Heureusement que les clients ont compris petit à petit que de tout axer sur le confort d’usage finit par nuire : maintenant, ils acceptent plutôt facilement de conserver certains de leurs produits de soin ou d’hygiène bien emballé dans les supports en bois-conservant, au frigo, ce qui a permis de supprimer les séquestrants dans les savons, par exemple. Ils n’ont plus, comme au début, l’impression de se mettre du beurre sur la figure ! Pour changer de sujet, vous en êtes où, coté prodcoop ? – La prodcoop ? En fait, il y en a plusieurs maintenant, réparties en bassins de production sur l’île, on a trouvé ça plus pratique qu’une seule grosse coop. Il y a en effet des différences importantes d’une région à l’autre et on a dû adapter les cahiers des charges en fonction des réalités régionales. Du coup, le contrôle global des productions est meilleur, et nous avons moins de cas particuliers et de dérogations à gérer. Ce qui a aussi encouragé des jeunes à se lancer dans des productions très originales. Mais le meilleur, tu sais, c’est le projet de fabcoop. On s’est mis à une centaine de producteurs pour racheter l’ancienne usine de parfums de synthèse qui ne fonctionnait plus depuis plus de 20 ans. Grâce à ce capital collectif, on a pu aller voir une coopébank qui nous a prêté les fonds pour la rénovation. Trois sociétés de cosmétiques étrangères, Japon, Brésil et Côte d’Ivoire, ont investi dans l’équipement technologique, surtout au niveau des labos de contrôle. Les contrats sont intéressants : elles investissent dans l’équipement, nous, on investit dans la recherche. Elles prennent moins de risques en personnel, nous on prend moins de risques financiers. Et pour la vente, Hugo, avez-vous des projets de magasins ? – Pas pour l’instant, Nimal. Nous avons atteint notre point d’équilibre entre la grande distribution et la vente directe avec nos coopmag. Je ne te cache pas que je préfère travailler avec les coops. Nos clients, qui sont aussi nos actionnaires, prennent plaisir à aller chercher eux-mêmes « leurs » produits. Certains s’investissent même dans la conception des produits. D’autres viennent régulièrement rendre visite aux plants qui entreront dans la composition de leurs cosmétiques préférés ! Du coup, notre budget communication a beaucoup baissé, puisque les catalogues et autres documents publicitaires sont bien moins nécessaires, avec tous ces contacts en direct. Nous les réservons d’ailleurs à nos produits agrémentés à l’international. – Tiens, en parlant d’international, nous cherchons des argiles pour nos détergents. Une petite société est en train de se lancer à Sri Lanka qui mis au point un procédé super de récupération des boues argileuses pour éviter l’étouffement des végétations dans les rivières. Ils voudraient s’associer avec une fabcoop pour faire des essais scientifiques indépendants grandeur nature et s’appuyer dessus pour lancer la commercialisation à grande échelle. Ça nous intéresse, forcément, pour notre gamme savonnerie et produits d’entretien. Je te tiendrai au courant, parce qu’il nous faudra des infos. – Bon, je vois que je n’ai pas fini de voyager, avec tous ces projets de collaboration interentreprises ! Mais finalement, je ne pourrais pas m’en passer ! Allez, pour te reposer du voyage, et comme promis, je t’invite à la fête de « célébration de la Cueillette de l’Aubépine. » Laissant son ami confortablement installé avec un CafCer, Hugo plonge amoureusement les doigts dans un sachet d’ocre en rêvant aux merveilles qu’il allait pouvoir en tirer… – Anne Andrault et Sauveur Fernandez – Décryptage CafCer Dialogniouzes – Accent provençal
– Message visiophoné Part obligatoire d’ingrédients de
base locaux, et part des produits finis commercialisés localement Agrémentation spéciale Un des premiers produits alimentaires à recevoir cette agrémentation fut la mangue séchée, autorisée à l’international comme résultant de transferts de technologie low-tech** (fours solaires) et de jumelages datant du 20e siècle entre des lycées professionnels français et africains. * En savoir plus, lire « 2047, journée ordinaire d’une agence de communication » ** Lire « Low-tech, la deuxième voie technologique » Ingrédients de synthèse dérivés
du pétrole Cosméto-soin Rebouteux – Berger – Herboriste –
Médecin de village Cueilleurs de plantes Empreinte vitale Clim’nat et maîtrise
des micro-climats Prodcoop – fabcoop – coopébank
- coopmag Séquestrant Bois-conservant Essais scientifiques indépendants Par exemple, aux États-Unis, le nombre moyen de brevets déposés par les petites sociétés, rapporté à celui de leurs employés, est quatorze fois plus élevé que chez les mille plus grosses entreprises, malgré leur énorme budget de R&D. («Petite entreprise, gros profits « de Jeffrey Fox. Editions l'Archipel - 2006, page 9). Collaboration commerciale interentreprises Célébration de la Cueillette de
l’Aubépine L'écoprospective a pour but, non de prévoir un futur qui serait un simple prolongement de nos comportement actuels, mais de proposer un avenir selon les critères du développement durable, et de suggérer les étapes pour y parvenir, notamment en utilisant au mieux la communication et l'éducation civique dans la société. Ce futur n'est pas inscrit. Il est seulemment possible. Il nous appartient de le désirer et de le mériter. En savoir plus « L'écoprospective, pour une vision responsable du futur »
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