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Écoprospective Éco-innovation Sur le gril Communauté En savoir plus |
Le difficile éveil des
constructions écologiques
Pollution invisible Les consciences se réveillent doucement à la suite des rapports de plus en plus nombreux sur lhygiène des bâtiments. On découvre les méfaits de la laine de verre et du formaldéhyde (présent dans les moquettes et panneaux de particules). On traque lamiante et léther de glycol des peintures ou des vernis. On dénonce le monoxyde de carbone Parallèlement, limpact des constructions actuelles sur lenvironnement inquiète de plus en plus. Que certains sen défendent en ajoutant une rangée darbres, ou que dautres donnent à leurs murs une touche de couleur « zen », le malaise ne sefface pas aussi vite. Le béton armé se recycle mal, le PVC également, sans oublier la grande quantité dénergie nécessaire à leur fabrication, et les déchets générés par les chantiers. Il semblerait que le « bon sens » des bâtisseurs ait oublié lenvironnement. Voulant améliorer nos chaumières dantan, avons-nous progressé ?
Bâtir bien, bâtir sain : lécoconstruction Il ne sagit plus seulement de désirer une grande demeure, dinstaller une véranda, ou de posséder un garage. Cest avant tout chose la recherche dune plus grande symbiose avec la nature, et dune meilleure qualité du contact social entre voisins. Cette approche holistique loin dêtre incompatible avec notre société actuelle est très prometteuse. Dune part on revalorise le local. Les matériaux, lénergie renouvelable sont exploités selon les biodiversités culturelle et naturelle de la région. Dautre part, on contribue au bien-être collectif. Moins de distance à parcourir, par exemple, cest moins de pollution due aux transports. C'est aussi une économie plus saine qui est favorisée, en réduisant le gaspillage énergétique, diminuant le coût des matières premières, et en dynamisant le tissu industriel. Délicate démocratisation Pour lheure, parmi les 35 000 architectes en activité, un peu plus de 2000 sont écoarchitectes. Une minorité qui réalise tout de même quelques milliers de bioconstructions par an, mais difficile à débusquer pour des néophytes. Les écoles darchitecture évoluent cependant vers ce mode de construction. Petit à petit. Sur les 23 écoles amenant au diplôme darchitecture DPLG (diplômé par le gouvernement), seul un quart a inclus des modules décoconstruction, en formation continue « Tous les étudiants sont remplis dhumanisme et de générosité à larrivée. Avec le recul, il y a trop souvent des déceptions et des mal-êtreà la sortie » explique Fabien Ravaux, architecte DPLG. A tel point « quil faudrait faire faillite pour être intègre ». La culture de la rentabilité est un lourd fardeau, qui ne facilite pas toujours linnovation. Annie et Daniel Samson en ont fait lexpérience. Les matériaux écologiques rassemblés, ce fut le menuisier qui posa problème : « il ne comprenait pas pourquoi il convient dutiliser une colle écologique prenant vingt-quatre heures pour sécher, en place des habituels produits à prise rapide». Et la législation française ? En net retard par rapport à ses voisins européens, malgré un rattrapage progressif. Hésitante à édicter des normes strictes, elle pénalise les biomatériaux : on refuse le bois pour le revêtement extérieur pourtant bien moins polluant et énergiphage que des peintures ou le PVC , on piétine quand il sagit de placer des panneaux solaires sur les toits. La démarche HQE (Haute Qualité Environnementale) tente dinstaurer les enjeux de lécoconstruction dans le bâtiment. Bien quen place depuis 1996, elle tarde à quitter son état imparfait de concept officiel. Comme en matière de bois, labsence de normes et de labels laisse beaucoup de latitude aux acteurs traditionnels de la construction. Vrai faux habitat écologique
Autre constat : « Aujourdhui les produits "bio" sont sur toutes les étagères, mais léthique ny est pas toujours » expliquent Thierry Coulon. « Des sous-produit de fabrication qui étaient auparavant détruits avec frais sont maintenant vendus à prix d'or, comme le chènevotte (litière de paille de chanvre) ». Ajoutez à cela ceux qui réfléchissent façon "globalisation abusive". On annonce pour bientôt le déversement dans nos étalages disolants naturels « Made in China », mais on dévoile moins volontiers les conditions de travail de ses fabricants. « Tsunami vert » Servant à la démonstration, certains bâtiments publics et industriels cautionnent la faisabilité à grande échelle. Les premiers essais sont concluants. Le lycée polyvalent Maximilien Perret dAlfortville produit sa propre énergie géothermique, recycle ses déchets et bénéfice dun système daération double flux. Le bâtiment industriel Bional, dans la Drôme, est équipé dun plancher solaire dans lequel circule leau pour le chauffage, en plus de panneaux solaires pour sa consommation délectricité. Surcoût constaté : 700 000 F, dépassement raisonnable pour un bâtiment de 500 m2. Signe de prise de conscience, les collectivités locales commencent à subventionner ce type de projet. Progressivement, les particuliers disposent de solutions originales pour devenir écopropriétaires. Outre la fierté de bâtir sa maison soi-même, lautoconstruction pallie le coût élevé de la main duvre. Des stages en autre Gabion permettent aux novices dacquérir les compétences nécessaires. En particulier : la pose dossature en bois, voire la réalisation de voûtes et de coupoles. Actuellement, la revue Système Solaire évalue une superbe maison solaire en auto-construction à «3 000F le m2 et 13 500 heures de travail » (soit près de 18 mois de labeur). Conclusion Sans évolution des mentalités, point de démocratisation des écoconstructions. Comme si les trois petits cochons avaient conjugué leurs compétences pour construire ensemble une seule maison, saine et solide Thuan
Huynh En savoir plus Synthèse du magazine français "La Maison Écologique", consacré à l'éco-construction. Tous les liens sur la bioconstruction (pour ceux intéressés par la mise en pratique, regarder en particulier la rubrique prestataires). Etudes et réglementation en vigueur sur lANIL (Agence Nationale pour lInformation sur le Logement).
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